Bruno Ben Moubamba

Gabon : Moubamba donne sa version des faits

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Libreville, Mercredi 13 Septembre 2017 (Infos Gabon) – On l’attendait et il a donné sa part de vérités comme annoncé jeudi dernier après sa sortie du gouvernement où il occupait le très stratégique poste de ministre d’Etat, ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat.

Après avoir été vice-Premier ministre, ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat social et du Logement dans le gouvernement d’ouverture à l’issue de l’élection présidentielle du 27 août 2017. Au cours de cette sortie très attendue de l’opinion donnée lundi au siège de l’Alliance pour le changement et le renouveau (ACR), Bruno Ben Moubamba retrace son passage au ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat, revient largement sur sa brouille avec le Premier ministre, Emmanuel Issoze Ngondet, et réaffirme sa fidélité inconditionnelle au chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba.

Ministère de l’Urbanisme, de l’Habitat social et du Logement : une mission exaltante

Dans son propos, le président de l’Alliance pour le changement et le renouveau raconte avec délectation les onze mois passés à la tête du ministère de l’Urbanisme, de l’Habitat social et du Logement. Il dit avoir trouvé ce ministère à genou et s’en va le cœur léger avec le sentiment de l’avoir relevé.

«J’ai récupéré un ministère en ruine, qui avait été fermé en 2011 à cause de la corruption effrénée, sans budget d’investissement ni de fonctionnement, je l’ai remis en ordre et j’ai payé de ma propre poche la plupart des factures. J’ai réhabilité l’administration qui avait été annihilée pendant le premier septennat, car il n’y a pas d’Etat sans administration. J’ai déposé au Conseil d’Etat et au Conseil des ministres de nombreux textes juridiques et signé un arrêté sur le +Nouvel ordre urbanistique+. J’ai trouvé des dizaines de partenaires et d’investisseurs, trouvé des budgets pour mettre le pays en chantier dans le secteur de l’Habitat», se réjouit Bruno Ben Moubamba.

L’homme soutient que si son action n’est pas torpillée derrière lui, plusieurs projets qu’il a initiés durant ce court passage à la tête de ce département ministériel pourront aboutir au grand bonheur des Gabonais. Il cite entre autres faits d’arme la résolution des conflits qui duraient depuis des années comme celui de YU8, la relance de la base Daaco, la remise sur les rails de la SNLS et de la SNI, la restauration de l’autorité de l’Etat à Angondjé et à Bikélé.

«J’ai fait des propositions qui pourraient sortir le pays du naufrage économique et social et pour paraphraser Saint Paul : ‘j’ai combattu le bon combat et n’ai pas perdu la foi’ », affirme-t-il.

Brouille avec le Premier ministre, chef du gouvernement

M. Moubamba dit payer pour sa témérité face à la volonté manifeste de sa hiérarchie d’avoir voulu livrer le patrimoine foncier gabonais à la merci d’une élite politico-administrative corrompue. «J’ai déjoué et bloqué de nombreux trafics fonciers, empêchant certains de s’enrichir de façon démesurée au détriment de la Terre gabonaise. Il a donc été tenté, en vain, de me faire sortir du gouvernement lors du récent remaniement. Je n’ai du mon maintien qu’à la seule volonté du président de la République. N’ayant pas pu se débarrasser du gêneur que je suis, le seul moyen de continuer le pillage foncier était donc de retirer au ministre de l’Habitat sa capacité de protection de notre territoire national, ce qui n’a pas tardé : deux semaines après le remaniement», poursuit-il.

En plus, il dit regretter le manque de dialogue au sein de l’appareil gouvernemental qui a fini par fragiliser celui-ci. Il accuse plutôt M. Issoze Ngondet de l’avoir isolé durant les onze mois passés au gouvernement.

«En l’absence de tout dialogue et de concertation avec le Premier ministre qui ne m’a jamais reçu depuis un an pour une séance de travail, j’ai choisi de prendre mes responsabilités en contestant le management du chef du gouvernement afin de le pousser à me démettre et donc à se dévoiler publiquement», dénonce-t-il.

Tout en niant en bloc toutes les accusations dont il fait l’objet de sa hiérarchie et qui justifieraient son éviction du gouvernement. «Le chef du gouvernement Issoze Ngondet m’a accusé de manquer de solidarité pour justifier mon départ du second gouvernement. Mais pour qu’il y ait solidarité, il faut qu’il y ait débat et travail collectif sur les sujets qui concernent mon ministère. Un gouvernement d’ouverture est une responsabilité réciproque au sein d’un groupe de personnes obligées les unes à l’égard des autres par rapport à des engagements politiques, pour faire avancer le pays. Le chef du gouvernement a manqué à cette obligation vis-à-vis du président de l’ACR que je suis. Le Conseil interministériel et le Conseil des ministres sont effectivement les lieux de débats et de collaboration de l’action gouvernementale, mais lorsque le Premier ministre, Issoze Ngondet agit autrement, en dehors de ces forums et du cadre administratif et règlementaire, en nous mettant devant le fait accompli du dépouillement de nos prérogatives ministérielles, où est la solidarité gouvernementale?», s’interroge-t-il.

Il n’a non plus digéré le fait qu’il soit dépouillé d’un ensemble de ses prérogatives au profit d’un ministre délégué auprès du Premier ministre, chef du gouvernement. «Ce simple fait suggère que le Premier ministre, plutôt que de diriger l’action du gouvernement comme le veut l’article 29 de la Constitution, a décidé de s’arroger la direction du ministère en charge de l’Habitat, de l’Urbanisme, du Cadastre et des Travaux Topographiques», regrette-t-il.

Fidélité inébranlable envers Ali Bongo Ondimba

Bien que sorti du gouvernement, Bruno Ben Moubamba voue toujours une fidélité inébranlable envers le président de la République pour qui il est prêt à travailler pour le plus grand intérêt de la nation gabonaise. «Mon alliance objective avec le président de la République est intacte, en tout cas de mon point de vue. La présence des adversaires du développement du Gabon et donc du chef de l’État dans tous les bords politiques et certains plus proches encore, dans les cercles de pouvoir est forte, avec pour seul objectif, ne vous y trompez pas, le maintien du Système qui détruit le pays depuis 50 ans», a-t-il lancé.

«Je veux pour mon pays, et comme quelques autres autour du chef de l’Etat, le progrès du Gabon, notamment par une réelle égalité des chances, en réalité rejetée par les acteurs du système, qu’ils soient d’une certaine opposition ou du côté du pouvoir puisqu’ils font toujours la promotion de leurs et de leurs prérogatives avant tout», ajoute l’ancien ministre d’Etat.

«Je vais continuer à me battre pour le peuple gabonais, préparer ma candidature aux législatives et assumer un leadership politique de la province de la Nyanga. Mes ambitions nationales restent intactes et je servirai toujours la République là ou la Providence m’enverra», a-t-il conclu.

Rappelons que le Premier ministre, annonçant la sortie de Bruno Ben Moubamba du gouvernement, avait insisté sur les trois principes fondamentaux qui fondent l’action gouvernementale. Des principes ci-dessous que le ministre d’Etat aurait violé selon lui. «Le premier de ces devoirs est la solidarité gouvernementale qui induit que chaque ministre est solidaire des décisions prises par le gouvernement et les assume. En deuxième lieu, le devoir de responsabilité qui les oblige au sens élevé de l’Etat et par conséquent, au devoir de réserve et du secret des délibérations auxquelles ils prennent part à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions. De fait, les seules instances au sein desquelles ils sont appelés à exprimer librement leurs divergences éventuelles sont le conseil interministériel et le conseil des ministres. Enfin, le troisième devoir qui s’impose naturellement à tous, est le respect de la hiérarchie. Par conséquent, il est de mon devoir de rappeler que le gouvernement de la République est la plus haute instance de gestion du pays autour du président de la République, chef de l’Etat»

FIN/INFOSGABON/SM/2017

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