Importation de ciment au Gabon : La mort lente de CimGabon

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Libreville, Samedi 8 Avril 2017 (Infos Gabon) – La société gabonaise peine à s’adapter à la concurrence étrangère et pourrait fermer boutique si rien n’est fait.

Depuis l’ouverture du marché de ciment gabonais aux importations, la société locale de production de ciment bat de l’aile. CimGabon est confrontée à d’énormes difficultés depuis quelque temps. Non seulement son usine de Ntoum est presque en arrêt d’activité, mais celle d’Owendo pourrait connaître le même sort d’ici peu.

Pour beaucoup, cette situation est peu rassurante. Réunis récemment en assemblée générale, les membres du Syndicat national des travailleurs des carrières (SYNATRAC) ont évoqué la nécessité de la mise en place des mécanismes en vue d’un protectionnisme économique. Ils ont également interpellé les pouvoirs publics à prendre des mesures visant à réguler l’importation du ciment étranger.

C’est presqu’un cri d’orfraie que son secrétaire général a lancé à l’occasion afin que l’Etat trouve une solution au problème pour sauver l’entreprise et les centaines d’emplois. «Pour nous, si on continue d’importer le ciment de l’étranger sans tenir compte d’un certain nombre de facteurs, CimGabon va mourir», prévient Edgard Gervais Obiang.

Propriété du groupe marocain CIMAF qui a hérité en mai 2014 de la totalité des parts, soit 75% du capitale de CimGabon, ancienne filiale de la multinationale norvégienne Heidelberg, l’entreprise peine à booster ses ventes et à s’imposer sur le marché.

Les pertes financières enregistrées entre 2012 et 2013 se chiffrent à 10,8 milliards de francs CFA. «CimGabon a connu une concurrence effrénée, avec l’amplification des entrées massives de ciment importé, qui ont fait perdre 72% des parts du marché local», regrettait alors en mai 2014, Khalid Iben Khayat, directeur de CIMAF.

Pour les employés, cette situation inquiète plus d’un. «A notre niveau, nous avons, en décembre dernier, convaincu l’employeur de tout faire pour nous payer les salaires jusqu’en mars, et cela a été fait, la direction nous a payé jusqu’en mars 2017. A partir de ce mois d’avril, si l’État ne fait rien, si rien n’est fait, nous allons rejoindre le lot des employés qui ne sont pas payés par leur entreprise», a lancé un ouvrier.

De l’avis des uns et des autres, CimGabon reste confrontée à une concurrence jugée déloyale de la part des importateurs qui préfèrent vendre leur ciment entre 10 et 15% moins cher que celui produit localement. Tout comme CimGabon, elle-même, est en incapacité de satisfaire la demande nationale. Ce qui a contraint les pouvoirs publics à libéraliser le secteur afin de surmonter les pénuries récurrentes de ciment sur le marché.

FIN/INFOSGABON/SM/2017

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