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Agence France Presse : Suppressions de 125 postes en vue

Libreville, Dimanche 25 Novembre 2018 (Infos Gabon) – L’entreprise qui fait face à d’énormes difficultés financières entend faire des économies d’un peu plus de 9 milliards de francs CFA. L’Afrique et le Gabon n’en sont pas épargnés.

L’Agence France Presse (AFP) se prépare à se séparer de 125 de ses salariés d’ici 2023. Baptisée «Plan de transformation», cette mesure a été décidée au cours d’un Conseil d’administration tenu en octobre dernier. «Il n’y aura aucun départ contraint […] Il s’agira majoritairement de non-remplacements de départs à la retraite sur 5 ans », souligne Fabrice Fries, président directeur général de l’AFP. Etant donné que ce média français a vu drastiquement ses recettes baisser de l’ordre de plus de 6 milliards de francs CFA depuis un peu plus de quatre ans, d’aucuns voient tout simplement en cette annonce un «plan social» déguisé visant à faire des économies de l’ordre de plus de 9 milliards de FCFA sur plus de 11 milliards de francs recherchés.

Certaines sources estiment que les 2 milliards restants pourraient être économisés dans la réduction des loyers. «Le chiffre d’affaires commercial ne se développe pas autant qu’on pourrait le souhaiter. Le contexte du secteur des médias est difficile», lance Benoît Fauchet, délégué du Syndicat national des journalistes (SNJ) au sein de la structure. La mise en application de cette décision pourrait aussi concerner les correspondants de l’AFP au Gabon et à travers l’Afrique.

Accusé de vouloir désormais privilégier davantage les photos et vidéos, au détriment des textes, le top management de l’AFP réfute. «La presse est en crise. Ce qui ne l’est pas en revanche, c’est la soif d’images dans l’univers de l’information, particulièrement des chaînes de télévision, des sites web et des réseaux sociaux. Nous sommes déjà leader mondial en photo et avons une offre vidéo parfaitement compétitive, sur laquelle on met le paquet. On a un très gros potentiel commercial en image et c’est encourageant», explique Fabrice Fries.

D’autres sources voient en ce redressement, une manière subtile pour l’AFP de rectifier le tir face à une concurrence rude qu’elle subirait de la part de nouvelles agences qui proposent des contenus nouveaux et plus adaptés au contexte.

En plus, l’AFP est accusée à tort ou à raison d’être partisane dans son traitement. Pour certains régimes, elle fait la part belle aux opposants. Ses prises de position lors de la crise post-électorale au Gabon, dans le malaise du président Ali Bongo Ondimba, dans  la crise anglophone au Cameroun ou dans la crise ivoirienne sont quelques illustrations de ce parti pris dont elle a toujours fait montre, disent ses détracteurs.

«L’AFP est régulièrement brocardée au Gabon pour son parti pris, réel ou supposé, pro-Ping. C’est vrai que, d’une manière générale, l’agence a tendance à sur-médiatiser les activités de l’opposition et à refléter plus facilement leur point de vue », regrette un enseignant de l’Université Omar Bongo de Libreville. «J’en veux pour exemple la dernière décision de la Cour constitutionnelle. L’AFP a écrit à ce sujet qu’il s’agissait d’une modification de la Constitution. C’est en effet le point de vue de l’opposition, mais pas celui de la Cour constitutionnelle, ni de la majorité, mais surtout ni celui des constitutionnalistes qui ont parlé à ce sujet de ‘précision’ apportée à la Constitution et non de ‘modification’», poursuit-il.

FIN/INFOSGABON/PM/2018

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