Politique

Gabon : La problématique de la représentation au CND

Libreville, 13 février 2013 (Infos Gabon) – Jules Aristide bourdes Ogouliguedé, président intérimaire  de l’UFA accusait récemment encore au fort de leur scission Me MAYILA et l’UFC d’être des traites à la solde du pouvoir en raison de leur posture dite moins radicale donc plus républicaine.

Aujourd’hui, tous participent à la concertation politique en cours à la cité de la démocratie, dont l’une des questions est de réfléchir sur le CND, mais il n’échappera à personne qu’en arrière plan tous ces opposants aspirent à s’y retrouver puisqu’ils sont tous désormais « moins radicaux et plus républicains ».

Dans son ancienne formule de la loi de 1996, le président du  CND était  nommé par le Président de la République ; ainsi furent nommés Pierre Claver Maganga Mousavou, Pierre Claver Nzeng Ebone etc.

A l’analyse s’agissant de ces deux personnalités, elles étaient proches de la majorité au moment de leur nomination ; en dépit que Maganga Moussavou fut avant les accords de Paris un virulent opposant ; de même que Pierre Claver Nzeng Ebone aura été un chanteur satirique avant la conférence nationale et son entrée au Gouvernement Oyé Mba.

On peut néanmoins observer que le CND n’a jamais été dirigé par un opposant radical, tous ses présidents étaient dans la majorité ou en intelligence personnelle avec Omar Bongo.

Sous Ali Bongo Ondimba, la question de la représentativité au CND est axée vers l’orientation donnée par le Chef de l’Etat d’un CND qui serait « le cadre permanent du débat politique » ; il inclurait donc toute la classe politique, à savoir, la majorité et l’opposition ; et par ce fait même, le CND concurrencerait fatalement le parlement qui est le cadre constitutionnel du débat politique majorité / opposition.

Alors apparait une question, les parlementaires sont élus, en serait-il autant des membres du CND ?

Certainement que non, le CND n’étant pas une institution constitutionnelle, mais une institution créée par une simple loi ce qui est typique du mode d’institution d’entités administratives, indépendamment de leur pouvoir décisoire ou non.

Le président du CND devrait donc encore être nommé par le Président de la république, et là se pose le problème de l’incidence du pouvoir de nomination du Chef de l’Etat sur le président et les autres membres du CND, dont notamment ceux de l’opposition ; en effet, un opposant nommé à un poste politique par le Président de la république reste t-il un opposant ?

Il est donc à envisager que par le pouvoir du nommant sur le nommé, les opposants nommés au CND par le Chef de l’Etat ne rejoignent la majorité, c’est peut être ce qui a fait dire au journal « Echo du nord » que le CND est en un sens «  un piège » ; on pourrait ajouter qui guette l’opposition.

En un autre sens, la majorité pourrait très bien revendiquer de se voir échoir la grande majorité des poste au CND car s’agissant d’une institution politique qui représenterait la classe politique, il est légitime et légale que le rapport de force prévalent, notamment en termes de nombre d’élus,  avant la formalisation par les nominations du Chef de l’Etat ; manifestement, cette hypothèse ne laisserait presque rien à l’opposition.

FIN/INFOSGABON/PK/MM/2013

© Copyright Infos Gabon

 

Related Posts

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *