Economie

Nettoyage des finances publiques gabonaises

Libreville, Mardi 22 Juillet 2014 (Infos Gabon) – L’audit approfondi des finances publiques lancé dès le 1er janvier 2014 par le gouvernement gabonais, via la direction générale du contrôle des ressources et des charges publiques (DGCRCP) que dirige M Jean Fidèle Otandault, est progressivement en train de livrer ses résultats et conclusions, en termes et en nombre d’entreprises fantômes budgétivores, de gros marchés publics passés de gré à gré, de budgets d’investissement volatilisés.

« Il faut rompre avec les pratiques du passé », lorsque « plus de la moitié du budget disparaissait dans la nature », a déclaré à cet égard M Otandault à la presse nationale et internationale.

Pour ce faire, sur instruction du président Ali Bongo Ondimba, la direction générale dont M Otandault a la charge, est nantie depuis sa création en 2012 des vastes pouvoirs d’investigation ainsi que celui de s’opposer aux paiements ordonnés par les administrations.

Ainsi, seront bloqués les paiements de l’Etat au 31 décembre 2013 afin que la DGCRCP puisse scruter pendant six mois des livres de compte du trésor public allant même jusqu’à 10 à 15 ans en arrière.

« On ne peut pas continuer à détourner les fonds publics », s’est plaint Jean Fidèle Otandault alors que, selon lui, la production pétrolière stagne et qu’un tiers de la population gabonaise vie dans la pauvreté et le dénuement en infrastructures de base que sont l’eau, l’électricité et les routes.

En effet, les enquêteurs de la DGCRCP décèleront tantôt de grosses surfacturations des marchés publics à l’instar du matériel informatique facturés aux administrations trois à quatre fois le prix du marché, tantôt la disparition d’une ligne annuelle d’investissement dans les provinces de 50 milliards et du détournement en dix ans de plus de 400 milliards de FCFA sur 500 milliards.

Les autres anomalies décelées dans le système sont qu’un marché des travaux publics de 300 milliards aura été passé de gré à gré, que des entreprise de prête-noms créées par des parents de fonctionnaires, bénéficieront des marchés publics et seront payées sans prestations, ni travaux effectués en contrepartie.

Un état de fait qui expliquerait que plusieurs entreprises fournisseurs de l’Etat ont vu leurs paiements bloqués plusieurs mois durant, provoquant soit une colère des patrons d’entreprises, soit leur inquiétude d’une éventuelle insolvabilité de l’Etat.

Sur quoi M. Otandault dira qu’ « il fallait faire le ménage, nettoyer les comptes et accepter de traverser une période difficile », puis d’ajouter que « nous nous faisons beaucoup d’ennemis, qui font courir la rumeur d’insolvabilité de l’Etat simplement parce qu’il n’en profite plus », et de lancer que désormais, l’Etat paie uniquement, « la bonne dépense, pas la mauvaise ».

En outre, lors d’une rencontre avec 400 chefs d’entreprises contractantes de l’Etat, Jean Fidèle Otandault a demandé à certains, après enquêtes comptables, de réduire les montants de certaines factures.

Pour certains observateurs, ces résultats de l’audit de la DGCRCP révèlent l’accaparement d’un montant très important du budget de l’Etat gabonais par les entreprises adjudicataires des marchés publics, avec leurs complices hauts fonctionnaires de l’Etat. Un réseau qui engloutirait une bonne partie des 3000 milliards de budget de l’Etat gabonais sur une population de seulement 1, 6 millions d’habitants.

D’autres observateurs se demandent si ces opérateurs économiques ne trouvaient pas dans les surfacturations et la cherté de la vie en général, une façon de compenser la faiblesse de la population gabonaise, vu qu’avec un budget de 4400 milliards pour 22 millions d’habitants, la Côte d’Ivoire, un autre pays africain, s’en sort avec un coût de la vie moins élevé.

FIN/INFOSGABON/PM/2014

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