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Protection des océans : Le plaidoyer d’Ali Bongo Ondimba à New-York

Libreville, Lundi 5 Juin 2017 (Infos Gabon) – Le président gabonais a invité la planète à œuvrer à la préservation de ces vastes étendues d’eau qui constituent une source de vie pour l’humanité.

Ali Bongo Ondimba prend part depuis ce lundi à New-York aux Etats-Unis à la Conférence de haut niveau des Nations unies sur les océans et le 14e Objectif de développement Durable (ODD) sur la conservation et l’exploitation de manière durable des océans, des mers et des ressources marines aux fins du développement durable.

Dans son propos, le Chef de l’Etat a d’entrée de jeu tiré la sonnette d’alarme sur les dangers qui guettent l’humanité si l’on ne tient pas compte des capacités limitées d’assimilation de notre environnement dans sa conception d’un développement à tout prix.

Selon lui, «poursuivre sur cette voie reviendrait à hypothéquer l’avenir de l’humanité à vivre sur une planète telle que nous l’avons héritée de ceux qui nous ont précédés. Les océans, source des systèmes mondiaux qui rendent la Terre habitable par l’homme, n’échapperont pas à ce triste sort. Ces océans qui rendent des services incommensurables aux hommes, sont un bien collectif précieux pour lequel, car nous en avons tous pris l’engagement, tout doit être fait pour les préserver des affres du développement et les exploiter de manière responsable», a recommandé Ali Bongo Ondimba.

Le Gabon à l’avant-garde

Pour se prémunir des affres que pourrait entraîner une gestion anarchique de ces vastes étendues d’eau, le Gabon a mis en place un programme de gestion durable de son espace maritime dénommé : «Gabon Bleu». Celui-ci se présente aujourd’hui comme une composante essentielle du plan de développement national visant à mieux identifier la richesse de la biodiversité marine gabonaise autant que son potentiel économique.

Le président de la République citera aussi le Conseil national de la mer qui est l’organe de conception, de planification et de coordination de l’action de l’Etat sur l’espace maritime. Ainsi que l’adoption de la Stratégie maritime intégrée du Gabon. «C’est tout le sens que j’ai donné à la création de sanctuaires marins, et je suis heureux d’annoncer ici, la signature il y a quelques jours, d’un décret créant un vaste réseau d’Aires protégées marines sur plus de 50 000 kilomètres carrés, soit 26% de notre territoire marin», relèvera M. Bongo Ondimba.

Constituées de 9 parcs marins destinées à la conservation et la protection, et de 11 réserves aquatiques en faveur de l’aménagement des pêcheries. «Le Gabon concrétise ainsi sur son espace maritime ce qu’il a déjà su faire avec la création d’un réseau de parcs naturels correspondant à plus de 11% de notre espace terrestre, il y a maintenant 15 ans, à la suite du Sommet de la terre de Johannesburg.

Protéger la biodiversité marine et en assurer sa préservation, et partant la reconstitution de la ressource pour une gestion durable, est aujourd’hui une réalité au Gabon», ajoutera le chef de l’Etat gabonais.

Développement d’une industrie halieutique et touristique

Dans son plaidoyer, Ali Bongo Ondimba invitera les chefs d’Etat et de gouvernements du monde à développer une industrie halieutique et touristique. «Comme je l’ai souvent défendu, la gestion durable ne peut se concevoir dans sa seule dimension de la conservation. Bien au contraire, nous l’envisageons aussi par un usage rationnel mieux à même de donner du sens à sa préservation par les populations qui en vivent. Dès lors, le développement d’une industrie halieutique et touristique pour assurer non seulement notre sécurité alimentaire, mais aussi fournir des emplois à nos compatriotes, est nécessaire à l’accomplissement de notre objectif de gérer durablement notre patrimoine», dira-t-il.

Avant d’inviter au respect de la vision gabonaise en la matière. «Aussi, je voudrais appeler ceux qui exploitent nos ressources halieutiques à respecter notre vision pour établir des partenariats mutuellement bénéfiques. Au-delà, la politique internationale des océans devrait couvrir les nouvelles problématiques qui complexifient davantage notre gestion commune de ce patrimoine. Je veux parler ici de la lutte contre la piraterie, les trafics divers, les pêcheries sauvages, mais aussi du nécessaire partage des savoirs et des transferts de technologie, sans oublier la lutte contre toutes les formes de pollution», lancera le président gabonais.

«Le caractère vital des océans pour l’humanité ne saurait se limiter à l’exploitation de ses seules ressources. En effet, nul n’est besoin de rappeler le rôle important des océans dans la lutte contre le changement climatique. Ces océans qui absorbent plus de 30% du gaz carbonique, principal gaz à effet de serre», fera-t-il savoir.

Mise en œuvre effective des instruments internationaux

Pour le président gabonais, il importe de réformer le système de gouvernance internationale de l’environnement et de mettre en œuvre les instruments internationaux en la matière. Faute de quoi les Etats insulaires et les côtes payeront un lourd tribut.

« En effet, la combinaison des deux grands instruments internationaux que sont la Convention-Cadre des Nations unies sur les changements climatiques et la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, et de bien d’autres d’ailleurs, doivent pouvoir permettre de mieux répondre à la nécessité grandissante d’une gestion plus cohérente et plus efficace de notre environnement global sous toutes ses facettes», souhaitera Ali Bongo Ondimba.

Avant de conclure que «la trop grande fragmentation de notre système de gouvernance environnementale rend la plupart de ces instruments inopérants pour faire face à l’urgence des situations et des drames vécus chaque jour par des populations les plus vulnérables. Ceci, afin d’éviter que l’existence de l’homme sur Terre ne soit mise en jeu, car comme le disait le philosophe Hans Jonas, l’avenir n’a pas de lobby. L’avenir de la planète est l’affaire de tous.»

FIN/INFOSGABON/SM/2017

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