L’éducation populaire en question au Gabon
Libreville, 13 février 2013 (Infos Gabon) – Plusieurs observateurs de la vie politique et sociale du Gabon s’accordent sur ce qui peut être vu comme un besoin en éducation populaire des gabonais au vu du constat actuel des comportements dans les familles, en milieux scolaire et universitaire ; en public, dans les administrations et dans les entreprises ; ces travers découlent à l’évidence du manque d’éducation de base et ou du manque d’instruction.
Autrement formulée, la problématique est que les gabonais dans les secteurs où ils se trouvent ne respectent ni, n’observent strictement de leurs droits et obligations.
Dans les familles, l’autorité parentale et le droit d’ainesse sont bafoués par une sorte de crise d’autorité ou révolte contre l’ordre et la cohésion familiales.
Les quartiers s’accommodent de l’insalubrité, les troubles de voisinages et la violence.
A l’université, les grèves des étudiants consistent en des troubles à l’ordre public, au lieu d’un gel concerté des cours au sein des franchises universitaires.
Dans les rues règnent l’incivisme et le mépris des droits d’autrui, de la propriété privée et des édifices publics.
Les acteurs de la société civile se prennent pour des partis politiques.
La fonction publique est minée par les comportements déviants qui ont supplanté les textes en vigueur ; des exemples en sont les détournements divers des biens et deniers publics ; l’insubordination ; l’impolitesse caractérisée et notoire, la fainéantise au service, le harcèlement sexuel, etc. ; de la fonction publique à l’entreprise on observe comme une reproduction des même maux ci avant cités.
Au vu de ce constat et face à la problématique de l’impacte d’un vaste et profond programme d’éducation populaire ; sachant que vu le taux d’alphabétisation et de scolarisation élevé du Gabon, on devrait ensuite s’interroger sur le niveau réel moyen d’instruction du gabonais ; car c’est ce niveau d’instruction qui lui permettrait d’appréhender les lois, préceptes et valeurs de l’Etat de droit et d’une république.
Un autre volet de cette éducation populaire pourrait consister en la dimension religieuse de ce programme car l’autre observation profonde est que la malice qui a très tôt investi la mentalité des gabonais, tantôt par mimétisme, tantôt pour survivre au point de devenir un mode de vie ; la religion serait le remède connu contre cette malice ou la corruption morale des âmes.
Cette mission d’éducation populaire pourrait être conduite par un Ministère à part entière et non être le volet accessoire d’un méga ministre comme actuellement ; il regrouperait des équipes de juristes, sociologues, psychologues et religieux qui seraient sur le terrain pour l’éducation et la sensibilisation de masse.
Le succès et l’accroissement des spots télévisés d’éducation civique et populaire montrent s’il en était besoin, le besoin d’un véritable programme d’éducation populaire mené par un Ministère à part entière pour un plus grand impact sur les populations et les comportements.
Sur ce volet crucial de l’éducation populaire, il y a lieu de s’inspirer toute proportion gardée du modèle Cubain.
Le modèle de société cubain a permis à la majorité de la population d’atteindre un niveau d’éducation élevé, qui se maintient dans la population adulte et est entretenu grâce au travail des grandes organisations sociales. Du point de vue formel, l’éducation des adultes à Cuba participe au débat latino-américain. Les organisations cubaines jouent aussi un rôle actif au sein du Conseil d’Amérique latine pour l’Éducation des Adultes, le CEAAL.
FIN/INFOSGABON/PK/MM/2013
© Copyright Infos Gabon

















