Société

Responsabilité numérique et citoyenneté morale : l’autre débat derrière l’affaire Nazih

Libreville, Lundi 4 Août 2025 (Infos Gabon) – Quand l’usage des réseaux sociaux questionne nos valeurs dans une société en mutation.

Au-delà du fait-divers, l’éveil d’une conscience collective

L’interpellation de l’activiste gabono-libanais Nazih Marwan Al-Azzi au Liban défraye la chronique, alimentant débats diplomatiques et controverses politiques. Mais derrière les feux de l’actualité brûlante, ce fait-divers soulève une question beaucoup plus profonde, qui nous concerne tous, bien au-delà des sphères institutionnelles : qu’avons-nous fait de la citoyenneté à l’ère du numérique ?

Dans un monde où la parole numérique est devenue accessible, instantanée et virale, où chacun peut diffuser à tout moment des contenus visibles aux quatre coins de la planète, la frontière entre liberté d’expression et destruction de l’éthique publique devient de plus en plus ténue. Le cas Nazih, s’il est exceptionnel par son contexte, est révélateur d’un dérèglement plus global : le déficit de responsabilité morale dans l’usage des réseaux sociaux.

Réseaux sociaux : fabrique de la connaissance ou vecteur de division ?

Les jeunes, notamment les élèves, observent. Ils lisent. Ils imitent. Le comportement numérique des adultes, des figures publiques, des influenceurs ou des activistes agit comme une boussole inversée, dictant parfois des codes de conduite où l’outrance, le clash, le mépris ou la provocation deviennent les signes extérieurs d’un faux courage.

Mais que retiendront nos enfants de cette affaire ? Que poster une insulte est un acte de bravoure ? Qu’être « viral » justifie de transgresser toutes les limites ? Ou au contraire, que l’espace numérique exige autant de retenue, de discernement et d’exemplarité que la sphère publique ?

Il est urgent d’enseigner que les réseaux sociaux ne sont pas uniquement des arènes de colère ou de buzz. Ils sont — ou devraient être — des vecteurs de savoir, d’innovation, de culture, d’ouverture au monde. À l’heure de la mondialisation, des transitions écologiques, de la crise éducative des défis socio-économiques, de la relance de l’économie et la recherche de la souveraineté économique, ainsi que l’entrée dans la Vème République, nous avons plus que jamais besoin d’un espace numérique au service de la coopération, de la paix et de l’intelligence collective.

Un impératif moral et citoyen

L’affaire Nazih ne doit pas être vue uniquement sous l’angle du spectaculaire ou du politique. Elle nous interpelle sur notre propre usage des outils numériques, sur ce que nous transmettons aux générations futures, et sur le contrat moral que nous avons, chacun à notre place, avec la société.

Car si les États ne peuvent pas toujours réguler l’expression numérique de leurs propres citoyens, à plus forte raison celle des ressortissants vivant à l’étranger, alors il revient à la conscience collective de poser les bornes du raisonnable, de l’éthique, de la responsabilité.

Il est temps de rappeler que la citoyenneté numérique est aussi une citoyenneté morale. Et que sans responsabilité, il n’y a ni liberté véritable, ni progrès durable.

FIN/INFOSGABON/SO/2025

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