Gabon : Les ministres élus députés sommés de quitter le gouvernement avant le 17 novembre
Libreville, Mardi 4 Novembre 2025 (Infos Gabon) – Une exigence constitutionnelle pour garantir la séparation des pouvoirs.
La fin de la transition politique au Gabon se précise, et avec elle, les contours du nouveau paysage institutionnel. Lors d’un point de presse tenu lundi à Libreville, François Ndong Obiang, ministre de la Réforme et des Relations avec les institutions, a livré une mise au point d’une portée politique et juridique majeure : les membres du gouvernement récemment élus députés devront remettre leur démission avant le 17 novembre, date prévue pour l’installation du nouveau Parlement.
Cette exigence, a-t-il rappelé, découle directement de l’article 73 de la Constitution adoptée par référendum le 16 novembre 2024, qui stipule sans équivoque que les fonctions de membre du gouvernement sont incompatibles avec l’exercice d’un mandat parlementaire. Une clarification qui vient lever toute ambiguïté sur la position de l’exécutif à l’approche de la nouvelle législature.
La Constitution avant tout : “Les ministres concernés doivent démissionner”
Dans une déclaration solennelle lue devant la presse, François Ndong Obiang a tenu à réaffirmer la primauté du droit et la nécessité de respecter à la lettre les principes de la séparation des pouvoirs.
« Les fonctions de membre du gouvernement sont incompatibles avec l’exercice d’un mandat parlementaire. Les ministres concernés doivent, dès la publication officielle des résultats, déposer leur démission auprès du chef de l’État, chef du gouvernement, avant l’installation du bureau du Parlement auquel ils appartiennent », a indiqué François Ndong Obiang.
Cette disposition, a-t-il insisté, n’est pas une simple mesure administrative, mais une exigence constitutionnelle incontournable. Elle vise à garantir l’indépendance du pouvoir législatif face à l’exécutif, dans une période charnière où le pays s’apprête à tourner la page de la transition.
Une liste de ministres concernés par la mesure
Plusieurs membres du gouvernement sortant sont directement concernés par cette règle de non-cumul. Parmi eux : Brigitte Okanowa, ministre de la Défense nationale ; Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, ministre d’État, ministre des Transports ; Laurence Ndong, ministre de la Pêche ; Mays Mouissi, ministre de l’Environnement ; Camélia Ntoutoume Leclercq, ministre d’État à l’Éducation nationale ; Pr Adrien Mougougou, ministre de la Santé ; Lubin Ntoutoume, ministre de l’industrie, ainsi que plusieurs autres membres du gouvernement élus députés au premier tour des élections législatives.
Pour eux, le départ du gouvernement avant le 17 novembre n’est plus une option politique mais une obligation légale. Leur démission devra être déposée auprès du Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, avant la mise en place du nouveau bureau de l’Assemblée nationale.
La séparation des pouvoirs comme socle de la nouvelle République
Au-delà de l’aspect technique, cette décision illustre la volonté du pouvoir en place de consolider l’État de droit et de rompre avec les pratiques anciennes où les frontières entre exécutif et législatif restaient souvent floues. En réaffirmant cette incompatibilité, le gouvernement envoie un message clair : la primauté de la Constitution et la rigueur institutionnelle sont désormais des principes non négociables.
Cette démarche s’inscrit dans la continuité des réformes institutionnelles engagées depuis le début de la transition, visant à instaurer une gouvernance plus transparente, plus responsable et mieux équilibrée. Elle constitue aussi une étape clé vers la normalisation démocratique, à mesure que le pays se rapproche de la fin de la période transitoire, fixée au 31 décembre 2025.
Les enjeux d’un passage de relais maîtrisé
Ce départ programmé de plusieurs ministres élus députés ouvrira la voie à un remaniement gouvernemental, destiné à combler les postes vacants. Selon plusieurs observateurs, le Président de la République pourrait profiter de cette étape pour redessiner l’équipe gouvernementale et la mettre en adéquation avec les priorités de la nouvelle phase post-électorale.
Dans le même temps, l’installation du nouveau Parlement le 17 novembre prochain marquera une nouvelle étape institutionnelle pour le pays. Les parlementaires issus des récentes élections auront la responsabilité d’adopter les textes qui permettront de finaliser le processus de transition et de préparer le retour à un fonctionnement républicain complet.
Une transition sous le signe de la rigueur et de la légitimité
En fixant un cadre précis et intransigeant, François Ndong Obiang rappelle que la fin de la transition ne saurait être synonyme d’improvisation. L’heure est à la consolidation des acquis, à la rigueur juridique et à la restauration de la confiance entre les institutions et les citoyens.
Ce rappel à l’ordre constitutionnel résonne donc comme un signal fort : celui d’un État qui se veut désormais gouverné par le droit et non par les arrangements politiques. Un principe que le Président Oligui Nguema lui-même a plusieurs fois martelé, affirmant que “la légitimité des institutions découle du respect des lois et de la transparence des actes publics.”
Entre obligation légale et symbole politique
Si cette mesure peut apparaître comme une formalité juridique, elle revêt en réalité une dimension politique et morale importante. En acceptant de se plier à cette exigence, les ministres concernés démontreront leur attachement aux valeurs républicaines et leur respect du cadre constitutionnel mis en place depuis la réforme de 2024.
À l’inverse, toute tentative de contournement serait perçue comme une atteinte à la crédibilité du processus de transition et à la volonté de rupture prônée par les nouvelles autorités.
Vers une nouvelle ère politique
Alors que la transition touche à sa fin, cette séquence marque un tournant institutionnel pour le Gabon. L’État de droit se renforce, la séparation des pouvoirs s’affirme, et la classe politique est invitée à donner l’exemple en matière d’éthique et de responsabilité.
Les jours à venir seront donc décisifs : entre départs, nominations et réorganisation, le gouvernement d’Oligui Nguema entre dans une nouvelle phase, celle de la légitimation institutionnelle et du respect absolu du cadre constitutionnel. Mais au-delà de cette procédure, l’on n’ignore pas quand même le pouvoir discrétionnaire du Chef de l’Etat sur les choix à faire dans la composition du gouvernement.
Un message fort à la veille de l’installation du nouveau Parlement, et un jalon supplémentaire sur la route d’un Gabon rénové, républicain et souverain.
FIN/INFOSGABON/SO/2025
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