Société

Un million cinq cents de francs CFA pour éliminer un gamin : le crime qui glace le Gabon

Libreville, Mercredi 24 Décembre 2025 (Infos Gabon) – Le Gabon s’est réveillé meurtri, abasourdi, traversé par une onde de choc. L’assassinat du jeune Pascal Cameron Ngueba Loko, 13 ans, pour la somme dérisoire de 1,5 million de francs CFA, dépasse l’entendement et réveille les peurs les plus enfouies.

Ce drame, survenu dans le quartier Nzeng-Ayong à Libreville, a plongé le pays dans la stupeur. Un enfant, envoyé faire une course banale par sa famille, n’est jamais revenu. Quelques jours plus tard, son corps est retrouvé sans vie, dissimulé dans une fosse septique, à quelques mètres seulement de son domicile. Une proximité glaçante, presque insoutenable.

La banalité du mal, au cœur du voisinage

Le récit des faits, rapporté notamment par Gabon 1ère, donne froid dans le dos. Des individus présentés comme des voisins, des visages connus du quartier, auraient observé l’enfant jouer, attendu le moment opportun, avant de passer à l’acte. Selon les témoignages rapportés par la famille, le jeune Pascal Cameron aurait été ligoté puis exécuté comme “un poulet de chairs”, pour reprendre les mots, lourds de douleur, de ses proches.

Ce qui heurte le plus l’opinion, au-delà de l’horreur du geste, c’est son mobile présumé : l’argent. Une somme de 1,5 million de francs CFA, dérisoire au regard d’une vie humaine, et plus encore de celle d’un enfant.

Des suspects interpellés, mais des questions persistantes

Quatre suspects sont actuellement en garde à vue au commissariat de Nzeng-Ayong. L’enquête judiciaire est en cours, et les autorités assurent que toute la lumière sera faite. Mais dans les quartiers, sur les réseaux sociaux, dans les familles, une même question revient avec insistance : ont-ils agi seuls ?

Certains éléments évoqués lors des interrogatoires laissent entendre l’existence possible d’instigateurs, de commanditaires tapis dans l’ombre, qui auraient mis un prix sur la tête d’un adolescent. Si ces pistes se confirment, l’opinion publique attend que la chaîne de responsabilité soit remontée jusqu’au dernier maillon, sans faiblesse ni compromis.

Une société face à ses démons

Ce crime ravive un traumatisme collectif. Il renvoie à une période sombre de l’histoire récente du Gabon, marquée par des crimes rituels et des sacrifices humains qui avaient profondément choqué la nation. Beaucoup pensaient ces pratiques reléguées au passé. L’affaire Pascal Cameron prouve le contraire et pose une question fondamentale : comment protéger nos enfants ?

Pour de nombreux citoyens, la réponse passe par une justice exemplaire. Des voix s’élèvent pour réclamer l’organisation rapide d’un procès public et télévisé, à l’image de celui de la « Young Team », afin de dissuader, d’éduquer et de restaurer la confiance.

Une affaire devenue symbole national

Lors de son point de presse, le procureur de la République près le tribunal de première instance de Libreville a souligné l’ampleur prise par l’affaire. L’alerte lancée par la famille du jeune garçon est devenue virale, dépassant les frontières du quartier pour toucher toute la nation.

Aujourd’hui, au-delà de l’émotion et de la colère, le Gabon est face à un choix : laisser ce crime rejoindre la longue liste des tragédies oubliées, ou en faire un tournant décisif dans la lutte contre la barbarie, l’impunité et la marchandisation de la vie humaine.

Parce qu’un pays qui n’est pas capable de protéger ses enfants met en péril son propre avenir.

FIN/INFOSGABON/SO/2025

Copyright Infos Gabon

LIRE AUSSI Gabon – Affaire Ngueba Loko Pascal Cameron : le parquet promet toute la lumière sur un crime qui bouleverse Libreville

Related Posts

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *