Cour constitutionnelle du Gabon : Dieudonné Aba’a Owono favori pour la présidence post-transition ?
Libreville, Samedi 27 décembre 2025 (Infos Gabon) – Alors que le Gabon s’apprête à tourner définitivement la page de la transition politique, une question centrale agite les cercles institutionnels et juridiques : qui prendra les rênes de la Cour constitutionnelle dans la nouvelle ère constitutionnelle ?
La publication ce samedi de la liste officielle des neuf juges appelés à siéger relance le débat et place un nom au cœur des spéculations : celui de Dieudonné Aba’a Owono.
Président de la Cour constitutionnelle durant la période de transition, Dieudonné Aba’a Owono figure bel et bien parmi les neuf juges nouvellement nommés, au terme de plus de deux années de gouvernance exceptionnelle. Une présence qui n’a rien d’anodin et qui alimente l’hypothèse d’une reconduction à la tête de cette haute juridiction, désormais appelée à fonctionner dans un cadre constitutionnel pleinement restauré.
Un magistrat éprouvé par la transition
Durant la transition, Dieudonné Aba’a Owono s’est illustré par une gestion jugée mesurée et rigoureuse des dossiers sensibles soumis à la Cour constitutionnelle. Des contentieux électoraux aux questions institutionnelles majeures, il a su faire preuve, selon de nombreux observateurs, de doigté, de méthode et de maîtrise juridique, dans un contexte politique parfois tendu.
À cela s’ajoute un dossier hautement stratégique : le contentieux frontalier entre le Gabon et la Guinée équatoriale, dont il a la charge. Un enjeu de souveraineté nationale qui confère à son rôle une dimension diplomatique et juridique particulièrement délicate, et qui renforce son image d’homme de confiance au sommet de l’appareil institutionnel.
L’absence de Guy Rossatanga Rignault, un signal fort ?
Autre élément qui nourrit les conjectures : l’absence remarquée du Pr Guy Rossatanga Rignault sur la liste des neuf juges constitutionnels. Constitutionnaliste reconnu, ancien Secrétaire général de la Présidence de la République et souvent cité comme un potentiel prétendant à la présidence de la Cour, son nom ne figure pas parmi les membres désignés.
Pour de nombreux analystes, cette absence renforce mécaniquement la position de Dieudonné Aba’a Owono, désormais perçu comme le principal, sinon l’unique, candidat crédible à la présidence de la Cour constitutionnelle dans sa configuration post-transition.
Une désignation imminente, mais un choix stratégique
Dans les prochains jours, voire les prochaines heures, les regards seront tournés vers la Cour constitutionnelle elle-même. Conformément aux textes, le Président de la Cour est élu par ses pairs, puis nommé par le Président de la République, parmi les neuf juges. Une procédure interne, mais dont l’enjeu dépasse largement le cadre strictement juridique.
À ce stade, les observateurs restent prudents. Les récents changements intervenus à la tête du Sénat et de l’Assemblée nationale rappellent que, dans le Gabon post-transition, les équilibres institutionnels peuvent évoluer rapidement. Toutefois, l’histoire constitutionnelle du pays montre que la présidence de la Cour constitutionnelle n’est jamais confiée à un profil improvisé ou opportuniste.
Une fonction au cœur de l’État de droit
Institution stratégique, la Cour constitutionnelle est la garante de la Constitution, de l’équilibre des pouvoirs et de la régularité de la vie démocratique. À ce titre, son Président ou sa Présidente doit impérativement bénéficier de la pleine confiance du Chef de l’État, tant la sensibilité des décisions à rendre peut engager la stabilité politique et institutionnelle du pays.
Dans un contexte de retour à l’ordre constitutionnel, le choix de la tête de cette juridiction revêt donc une portée symbolique et politique majeure. Il s’agit de consolider la crédibilité des institutions, de rassurer l’opinion publique et de poser les bases d’une justice constitutionnelle indépendante et respectée.
Vers une continuité assumée ?
Sauf surprise de dernière minute, Dieudonné Aba’a Owono apparaît aujourd’hui comme le favori naturel pour conduire la Cour constitutionnelle dans cette nouvelle phase. Une éventuelle reconduction qui serait perçue comme un choix de continuité, de stabilité et d’expérience, au moment où le Gabon s’engage dans une séquence institutionnelle décisive.
La réponse, désormais, n’est plus qu’une question de temps. Et elle dira beaucoup de la vision des autorités sur l’avenir de la justice constitutionnelle gabonaise.
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