Gabon – Éducation nationale : des décisions fortes pour apaiser la crise et régulariser des milliers d’enseignants
Libreville, Mercredi 14 Janvier 2026 (Infos Gabon) – Au terme de travaux marathon, la Commission tripartite Éducation–Budget–Fonction publique a annoncé une série de mesures majeures visant à améliorer les conditions des enseignants et à sortir durablement le secteur éducatif de l’impasse.
Les travaux de la Commission tripartite interministérielle réunissant les ministères de l’Éducation nationale, du Budget et de la Fonction publique ont été clôturés dans la nuit de mardi à mercredi, à 2 heures du matin, sous la présidence du Vice-Président du Gouvernement, Hermann Immongault. La séance s’est tenue en présence des ministres de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur, porte-parole du Gouvernement, ainsi que de la Communication et des Médias.
Cinq décisions majeures pour l’éducation
Au terme de ces assises jugées décisives, le Vice-Président du Gouvernement a annoncé cinq mesures structurantes, attendues de longue date par les acteurs du secteur éducatif. Il s’agit notamment de : la mise en solde de 328 enseignants sortants des Écoles normales supérieures (ENS) et de l’École normale supérieure de l’enseignement technique (ENSET) ;
la mise en présalaire de 692 sortants des Écoles normales des instituteurs de Libreville (ENIL) et de l’École normale des instituteurs de Franceville (ENIF) ; la mise en présalaire de 108 enseignants des matières scientifiques ; la mise en présalaire de 1 810 enseignants anciennement qualifiés de « bénévoles » ;
Ainsi que la régularisation de 4 000 situations administratives (titularisations, avancements automatiques, reclassements après stage) parmi les 6 574 dossiers déjà codifiés à la Fonction publique.
Selon Hermann Immongault, ces mesures entreront en vigueur progressivement à compter de février 2026 et seront, à terme, étendues à l’ensemble des agents publics de l’État, notamment au personnel du secteur de la santé, conformément aux instructions du Président de la République.
Reconnaître le rôle central des enseignants
Dans son intervention, le Vice-Président du Gouvernement a tenu à rappeler le rôle fondamental des enseignants dans la formation des citoyens de demain. « Les enseignants jouent un rôle essentiel dans l’éducation de nos enfants. À ce titre, ils méritent de meilleures conditions de travail », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité de traduire cette reconnaissance en actes concrets.
Pour garantir l’effectivité des décisions prises, un comité de suivi et d’évaluation a été mis en place. Composé de trois ministres et de représentants des enseignants, il aura pour mission d’assurer l’application rigoureuse des engagements et le suivi permanent des dossiers.
Un mécanisme de suivi immédiatement enclenché
Président du comité technique, Christian Louembet-Onguele, par ailleurs nouveau secrétaire général du ministère de l’Éducation nationale, a immédiatement convoqué une réunion du comité ce mercredi à 11 heures, au ministère de l’éducation nationale. Un signal fort de la volonté des autorités de passer rapidement de l’annonce à l’action.
De son côté, la ministre d’État à l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq, a exprimé sa reconnaissance à l’endroit du Chef de l’État. « Je tiens, avec humilité, à exprimer ma profonde gratitude à Son Excellence Monsieur Brice Clotaire Oligui Nguema, Président de la République, Chef de l’État et Chef du Gouvernement, pour ses Très Hautes Instructions, qui se traduisent en actes », a-t-elle déclaré.
Elle a également salué l’engagement du Vice-Président du Gouvernement et de l’ensemble des membres du Gouvernement, ainsi que des commissaires ayant participé aux travaux, « animés par un sens élevé du patriotisme et de l’intérêt général ».
Vers la fin de la grève ?
À l’issue de ces annonces, tous les regards sont désormais tournés vers les enseignants, en particulier ceux du collectif SOS Éducation, à l’origine du mouvement de grève qui paralyse le secteur éducatif depuis le 5 janvier dernier. La question demeure : ces avancées gouvernementales seront-elles suffisantes pour entraîner la levée du mot d’ordre de grève et la reprise des cours sur l’ensemble du territoire ?
Au-delà du bras de fer social, l’enjeu est de taille. Il s’agit de préserver l’année scolaire et de garantir aux apprenants leur droit fondamental à une éducation de qualité, dispensée dans des conditions stables et respectueuses des programmes. Une responsabilité partagée, à la croisée des attentes sociales, de l’intérêt général et de l’avenir de la jeunesse gabonaise.
FIN/INFOSGABON/SO/2025
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