Gabon : deux figures syndicales interpellées dans un contexte de bras de fer avec les enseignants
Libreville, Mardi 20 Janvier 2026 (Infos Gabon) – Le climat social demeure tendu au Gabon. Deux figures bien connues du mouvement syndical, Marcel Libama et Simon Ndong Edzo, ont été interpellées ces dernières heures à Libreville par les forces de sécurité, dans un contexte marqué par le durcissement du conflit entre le gouvernement et les enseignants en grève depuis le début du mois de janvier.
Marcel Libama interpellé à l’aéroport
Leader syndical influent et ancien député de la Transition, Marcel Libama a été interpellé lundi à l’aéroport international de Libreville alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour Port-Gentil. Selon des sources proches du dossier, cette interpellation s’inscrirait dans le cadre d’une procédure pour trouble à l’ordre public, même si les autorités judiciaires ne se sont pas encore officiellement exprimées sur les faits qui lui sont reprochés.
Le concernant, on parle d’arrestation pour entrave à accès à un lieu de travail et pressions sur les agents non-grévistes. Il est donc en garde à vue avant de comparaitre devant un juge qui devra décider de son sort.
Figure emblématique des mouvements sociaux, Marcel Libama est très engagé sur le terrain depuis le début de la grève des enseignants, multipliant les prises de position publiques et les interventions sur les réseaux sociaux.
Simon Ndong Edzo arrêté à son domicile
Quelques heures plus tard, une seconde interpellation est venue renforcer le sentiment de crispation. Simon Ndong Edzo, syndicaliste et conseiller au bureau national du Syndicat autonome des enseignants du Gabon (SAEG), a été arrêté très tôt ce mardi 20 janvier, aux environs de 6 heures du matin, à son domicile situé à Owendo.
Selon des témoignages relayés sur les réseaux sociaux, des éléments de la Direction générale des recherches (DGR), une unité de la gendarmerie, se sont présentés à son domicile pour procéder à son arrestation. Le syndicaliste a été emmené sous les yeux de ses proches, qui ont rapidement alerté l’opinion à travers une note vocale largement partagée en ligne.
À ce stade, les motifs exacts de cette interpellation n’ont pas été officiellement communiqués. Le syndicaliste est entendu pour nécessité d’enquête.
Un lien avec la mobilisation des enseignants ?
Si les autorités n’ont pas établi de lien formel entre ces arrestations et la grève en cours, un élément retient l’attention : Marcel Libama et Simon Ndong Edzo ont tous deux pris part, samedi dernier, à l’assemblée générale du collectif SOS Éducation et du SENA, tenue au terrain de basket d’Awendjé.
Lors de cette rencontre, les deux enseignants retraités avaient publiquement apporté leur soutien aux enseignants grévistes, appelant à la poursuite du mouvement face à ce qu’ils considèrent comme des réponses insuffisantes du gouvernement aux revendications formulées.
Cette assemblée générale est perçue comme un tournant dans le conflit social, puisqu’elle a conduit à un durcissement du bras de fer entre l’exécutif et les syndicats du secteur éducatif.
Un conflit social toujours enlisé
Malgré plusieurs annonces gouvernementales visant à répondre au cahier de charges des enseignants, les cours n’ont pas repris comme il faut, contrairement aux assurances données par le ministère de l’Éducation nationale. Marcel Libama fait partie de ceux qui, images à l’appui, contestent publiquement la reprise effective des enseignements, dénonçant un décalage entre les déclarations officielles et la réalité sur le terrain.
Les avancées proposées par le gouvernement sont jugées insuffisantes par les syndicats, qui maintiennent la pression. la situation pourra peu-être s’améliorer après les assurances données par le Chef de l’Etat après la régularisation de près de 7000 situations administratives.
Les élèves, premières victimes
Dans ce contexte de tension, les principales victimes demeurent les élèves, privés de cours depuis la rentrée de janvier, après les vacances de Noël. La prolongation de la grève perturbe sérieusement le calendrier scolaire et suscite l’inquiétude des parents d’élèves, déjà confrontés à l’incertitude sur l’avenir de l’année académique.
À l’heure où nous écrivons ces lignes, les contours précis des procédures visant les deux leaders syndicaux restent suspendu à la suite du dossier. Les prochaines heures devraient permettre d’en savoir davantage sur leur situation judiciaire et sur son évolution, à la croisée des enjeux sociaux, syndicaux et politiques.
Dans un pays engagé dans un processus de normalisation institutionnelle, ces interpellations sont scrutées avec attention par l’opinion publique, alors que le dialogue social apparaît plus que jamais comme un impératif pour sortir de l’impasse actuelle.
FIN/INFOSGABON/SO/2025
Copyright Infos Gabon

















