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Gabon – Affaire Libama – Ndong Edzo : Leur avocat dénonce une “contre-vérité” et alerte sur une atteinte aux droits de la défense

Libreville, Dimanche 25 Janvier 2026 (Infos Gabon) – À la veille du procès de Marcel Libama et Simon Ndong Edzo, deux figures syndicales actuellement détenues à la prison centrale de Libreville, leur avocat, Maître Jean Paul Moumbembé, sort de son silence.

Dans une mise au point ferme, l’homme de loi réfute catégoriquement certaines informations relayées dans la presse, qu’il juge inexactes et préjudiciables à ses clients comme à l’équilibre de l’information judiciaire.

En cause : un article publié le 23 janvier 2026 sur la page Facebook de la Presse Judiciaire, affirmant que l’avocat de la défense aurait sollicité un délai de dix jours pour préparer le dossier, demande qui aurait servi de fondement légal à l’incarcération provisoire des deux syndicalistes. Une version que Maître Moumbembé qualifie sans détour de « contraire à la réalité ».

« Je n’ai jamais demandé un délai »

Docteur en droit et l’un des grands avocats du Barreau du Gabon, Maître Moumbembé affirme n’avoir à aucun moment sollicité un délai de dix jours auprès du juge d’instruction. « Cette affirmation est infondée et totalement erronée », insiste-t-il, estimant qu’elle induit l’opinion publique en erreur sur le déroulement réel de la procédure.

Selon lui, la décision d’incarcération provisoire relève exclusivement de l’initiative du juge d’instruction, sans demande, suggestion ou manœuvre de la défense. « Je n’ai même pas eu la parole devant le juge », précise-t-il, évoquant un climat procédural peu conforme aux standards d’un procès équitable.

Une procédure contestée sur le fond

Au-delà de la polémique médiatique, l’avocat soulève des préoccupations plus graves, touchant au respect des droits de la défense. Il affirme notamment que ses clients ont été conduits pour la deuxième fois au Parquet de la République le mercredi 22 janvier, sans qu’il en soit informé au préalable, ce qui constituerait, selon lui, une violation manifeste des garanties procédurales prévues par la loi.

Sur le fond du dossier, Maître Moumbembé maintient que Marcel Libama et Simon Ndong Edzo n’ont commis aucun acte susceptible de justifier leur détention provisoire. Il rappelle que les deux syndicalistes n’ont fait qu’exercer des droits reconnus par la Constitution et les lois de la République gabonaise.

À la veille du procès, une affaire sous haute tension

Cette sortie médiatique intervient à un moment clé, alors que les deux syndicalistes doivent être jugés normalement en début de semaine prochaine. Leur incarcération a suscité de vives réactions au sein de la société civile, du mouvement syndical et de l’opinion publique, dans un contexte social déjà marqué par une crise profonde du secteur éducatif.

En demandant la publication de son droit de réponse sur les mêmes supports ayant relayé l’article incriminé, Maître Moumbembé plaide pour une information rigoureuse, équilibrée et responsable. Un appel qui résonne fortement à l’heure où la justice gabonaise est observée de près, tant sur le plan national qu’international.

À la veille de l’audience, l’affaire Libama – Ndong Edzo dépasse désormais le simple cadre judiciaire pour s’imposer comme un test majeur de l’État de droit, de la liberté syndicale et du respect des garanties fondamentales dans la nouvelle République.

FIN/INFOSGABON/SO/2025

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