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AGOA 2026 : Washington ferme la porte au Gabon, malgré des échanges commerciaux en nette progression

Libreville, Vendredi 6 Février 2026 (Infos Gabon) – Le Gabon ne bénéficiera pas du régime préférentiel de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) pour l’année 2026.

L’annonce, rendue publique le 4 février par les autorités américaines, confirme l’exclusion du pays de la liste des États africains éligibles à ce dispositif commercial stratégique, pourtant central dans les relations économiques entre les États-Unis et l’Afrique subsaharienne.

Cette décision s’inscrit dans un contexte de réorientation de la politique commerciale américaine, marquée par une approche plus sélective et conditionnelle à l’égard de ses partenaires, en droite ligne avec la doctrine du « America First ».

Un mécanisme clé, mais une liste resserrée

Créée par le Congrès américain en 2000, l’AGOA offre aux pays africains éligibles un accès préférentiel au marché américain, avec plus de 1 800 produits exonérés de droits de douane, venant s’ajouter aux avantages du Système généralisé de préférences. Chaque année, l’administration américaine procède toutefois à une réévaluation des bénéficiaires, sur la base de critères politiques, économiques et institutionnels.

Pour 2026, le programme a été reconduit pour une durée d’un an, mais avec une liste revue à la baisse. Le Gabon, déjà suspendu par le passé, ne figure toujours pas parmi les pays autorisés à tirer parti de ce cadre commercial privilégié.

Une exclusion paradoxale au regard des échanges bilatéraux

Cette mise à l’écart contraste avec l’évolution récente des relations économiques entre Libreville et Washington. Selon des chiffres rapportés par des sources spécialisées, les échanges commerciaux entre les deux pays auraient atteint plus de 426 millions de dollars en 2024, enregistrant une croissance annuelle supérieure à 20 %.

Hydrocarbures, services, importations de biens industriels : les flux commerciaux se sont intensifiés, traduisant une dynamique que l’exclusion de l’AGOA ne semble pas refléter. En l’absence de préférences tarifaires, les exportations gabonaises vers les États-Unis restent néanmoins soumises à des droits de douane classiques, réduisant leur compétitivité sur le marché américain.

Le poids des considérations politiques

Le Gabon avait déjà été suspendu du programme à la suite des événements politiques d’août 2023, une décision qui continue de produire ses effets. Du côté américain, les autorités justifient la réforme en cours de l’AGOA par la nécessité de renforcer les exigences imposées aux partenaires commerciaux, tout en améliorant l’accès des entreprises américaines aux marchés étrangers.

Cette nouvelle orientation traduit une volonté affirmée de conditionner davantage les avantages commerciaux à des critères de gouvernance, de stabilité institutionnelle et de respect de certains engagements économiques et politiques.

Quels impacts pour l’économie gabonaise ?

Si l’exclusion du dispositif ne remet pas en cause l’ensemble des relations économiques entre le Gabon et les États-Unis, elle constitue toutefois un frein potentiel à la diversification des exportations, notamment hors du secteur pétrolier. Elle pourrait également inciter les autorités gabonaises à accélérer leur stratégie de diversification des partenariats commerciaux, en direction d’autres marchés.

Dans un contexte mondial marqué par la recomposition des alliances économiques, la décision américaine rappelle que l’accès aux grands marchés reste étroitement lié aux équilibres géopolitiques et aux choix stratégiques des États. Pour le Gabon, l’enjeu sera désormais de maintenir la dynamique de ses échanges tout en adaptant sa diplomatie économique à un environnement international plus exigeant.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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