Sénégal : tensions à l’UCAD après des heurts entre étudiants et forces de l’ordre
Libreville, Samedi 7 Février 2026 (Infos Gabon) – La situation s’est brusquement tendue vendredi à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), où des affrontements ont opposé des étudiants aux forces de sécurité.
À l’origine des violences, un mouvement de protestation contre la réforme du système d’attribution des bourses universitaires et la fermeture des restaurants du campus, deux mesures qui ont cristallisé un profond malaise au sein de la communauté estudiantine.
La réforme des bourses au cœur de la contestation
Depuis plusieurs jours, la colère monte chez les étudiants, inquiets des changements annoncés par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Les autorités prévoient de revoir le décret de 2014 qui encadre les conditions d’attribution des aides financières.
Selon le gouvernement, cette réforme vise à améliorer la transparence du dispositif et à aligner les paiements sur le calendrier académique. Mais sur le terrain, les étudiants redoutent un durcissement des critères et une réduction du nombre de bénéficiaires. Une inquiétude qui a conduit à un appel à la grève, rapidement suivi sur le campus.
Restaurants fermés, tension accrue
La fermeture des restaurants universitaires a contribué à amplifier la mobilisation. Pour de nombreux étudiants, ces services constituent un soutien essentiel face au coût de la vie à Dakar. Leur suspension a été perçue comme un facteur supplémentaire de précarité, renforçant le sentiment d’abandon.
Les manifestations ont dégénéré lorsque les forces de l’ordre sont intervenues pour disperser les rassemblements, donnant lieu à des scènes de confrontation dans plusieurs zones du campus.
Le COUD dénonce des dégradations
De son côté, l’intersyndicale du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) a condamné les violences et les dégâts matériels enregistrés lors des troubles. Les représentants du personnel affirment que certains agents ont été pris à partie et appellent l’État à garantir leur sécurité ainsi que celle des infrastructures.
L’organisation souligne par ailleurs les efforts consentis par les pouvoirs publics pour soutenir les étudiants et estime que les mouvements répétés perturbent le fonctionnement du service. Elle a averti qu’une grève de 48 heures, renouvelable, pourrait être déclenchée si la situation ne se stabilise pas.
Un climat social sous tension
Ces incidents illustrent une nouvelle fois la sensibilité des questions sociales dans l’enseignement supérieur sénégalais. Entre volonté de réforme du côté des autorités et inquiétudes sur les conditions de vie du côté des étudiants, le dialogue apparaît désormais crucial pour éviter une escalade et rétablir un climat apaisé au sein de l’une des plus grandes universités d’Afrique de l’Ouest.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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