CAN 2025 : le Maroc salue une “victoire du droit”, l’Afrique du football plus divisée que jamais
Libreville, Vendredi 20 Mars 2026 (Infos Gabon) – Au lendemain de la décision explosive de la Confédération africaine de football (CAF) de réattribuer la Coupe d’Afrique des Nations 2025 au Maroc, la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) est sortie du silence.
Dans un communiqué mesuré mais ferme, l’instance marocaine défend une lecture strictement juridique de l’affaire, à rebours de la vague d’indignation qui secoue une grande partie du continent, du Sénégal aux autres pays.
Derrière ce duel de narratifs se dessine une fracture plus profonde : celle d’un football africain partagé entre exigence de rigueur réglementaire et crise de confiance institutionnelle.
Rabat revendique une victoire du règlement
Pour la fédération marocaine, la décision de la CAF n’a rien d’un coup de théâtre, mais constitue au contraire l’aboutissement d’un processus engagé dès les incidents survenus lors de la finale.
Dans sa communication officielle, la FRMF insiste sur un point central : il ne s’agissait pas de remettre en cause la performance sportive du Sénégal, mais de faire appliquer les règles encadrant la compétition. Une ligne de défense constante, maintenue tout au long de la procédure.
Selon l’instance, la commission d’appel de la CAF a finalement reconnu une entorse au règlement initialement ignorée, justifiant ainsi le retournement du résultat. Une décision présentée comme nécessaire pour préserver la cohérence et la crédibilité des compétitions africaines.
Une lecture juridique contestée sur le continent
Cette position est loin de faire consensus. Dans plusieurs capitales africaines, la décision continue de susciter incompréhension et colère.
Au Sénégal, les autorités dénoncent ouvertement des soupçons de corruption et envisagent un recours devant le Tribunal arbitral du sport. Une réaction qui traduit l’ampleur du choc provoqué par cette relecture tardive du résultat.
Au Gabon, comme dans de nombreux pays, le débat dépasse désormais le simple cadre sportif. Il interroge la gouvernance du football africain et la capacité de ses institutions à garantir une justice rapide, transparente et incontestable.
Car au cœur de la polémique, un élément cristallise les critiques : le délai. Deux mois après une finale jouée et célébrée, la décision de la CAF apparaît pour beaucoup comme une anomalie majeure dans l’histoire du sport mondial.
Crédibilité contre légalité : le dilemme de la CAF
En défendant la décision, la FRMF met en avant la primauté du droit. Mais pour ses détracteurs, la légalité ne peut se dissocier de la temporalité et de la perception d’équité.
Une règle, même juste, peut-elle être appliquée tardivement sans fragiliser l’institution qui l’impose ? C’est tout le dilemme auquel est confrontée aujourd’hui la CAF. En cherchant à corriger une irrégularité présumée, elle a ouvert une crise de confiance qui dépasse largement le cas du Maroc et du Sénégal.
Le Gabon et l’Afrique face à une crise de gouvernance
Depuis Libreville, cette affaire résonne comme un signal d’alerte. Dans un contexte où le football reste un puissant vecteur d’unité et de fierté nationale, toute suspicion d’injustice prend une dimension politique et symbolique.
Au Gabon, observateurs et acteurs du sport s’interrogent : comment bâtir des institutions fortes si les décisions majeures prêtent à controverse ? Comment inspirer la jeunesse si les règles semblent fluctuer au gré des procédures ?
Cette crise renvoie à une problématique plus large : celle de la gouvernance des élites africaines, sportives comme politiques. La question n’est plus seulement de savoir qui a gagné la CAN 2025, mais comment le football africain peut restaurer sa crédibilité.
Une fracture durable dans le football africain
En saluant une décision qu’elle juge conforme aux règles, la fédération marocaine se projette déjà vers les prochaines échéances internationales. Mais sur le continent, le débat est loin d’être clos.
Entre défense du droit et exigence d’équité, la CAN 2025 pourrait laisser une trace durable dans l’histoire du football africain. Une chose est sûre : plus qu’un simple trophée, c’est désormais la confiance dans les institutions qui est en jeu. Et celle-ci, contrairement à un match, ne se rejoue pas facilement.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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