GOC sous pression : l’État réclame 29 milliards et impose la rigueur
Libreville, Mercredi 8 Avril 2026 (Infos Gabon) – La tension monte au sommet du secteur pétrolier gabonais. L’État a sommé la Gabon Oil Company (GOC), son bras armé dans les hydrocarbures, de s’acquitter d’un arriéré fiscal de 29,1 milliards de FCFA, révélant une ligne de fracture entre ambition stratégique et exigence de discipline budgétaire. Derrière ce différend, c’est toute la crédibilité financière du pays qui se joue.
À l’origine du litige, une opération majeure : le rachat, en juillet 2025, des actifs de Tullow Oil. Selon des informations concordantes, une retenue à la source liée à cette transaction n’aurait pas été reversée au Trésor public. Une défaillance qui, au-delà de son caractère technique, met en lumière des fragilités dans la gouvernance financière d’une entreprise pourtant centrale dans la politique énergétique nationale.
Car la GOC n’est pas une société comme les autres. Instrument clé de la souveraineté pétrolière du Gabon, elle incarne la volonté de l’État de mieux capter la valeur de ses ressources naturelles. Mais cette mission stratégique ne saurait s’exonérer des règles fiscales. Le non-respect de l’échéancier convenu avec le ministère de l’Économie soulève désormais des interrogations sur sa capacité à conjuguer performance opérationnelle et rigueur financière.
L’enjeu dépasse largement le cadre de l’entreprise. Dans un contexte marqué par près de 800 milliards de FCFA d’impayés fiscaux cumulés entre 2023 et 2024 et une dette publique supérieure à 71 % du PIB, chaque recouvrement devient crucial. La pression s’accentue d’autant plus que les autorités affichent leur volonté de renouer avec le Fonds monétaire international (FMI), où la transparence budgétaire et la discipline fiscale constituent des prérequis incontournables.
Ce bras de fer envoie ainsi un signal clair : aucune entité, fût-elle stratégique, ne peut se soustraire aux exigences de l’État. En exigeant le paiement intégral de cette créance, Libreville pose les bases d’une gouvernance plus stricte et tente de restaurer la confiance, tant auprès des partenaires internationaux que des investisseurs.
Reste à savoir si la GOC saura transformer cette contrainte en opportunité de réforme interne. Car dans un environnement économique sous tension, la crédibilité financière du Gabon ne se décrète pas : elle se construit, dossier après dossier, au prix d’une rigueur désormais non négociable.
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