Economie

Routes gabonaises : l’État passe à l’offensive

Libreville, Dimanche 12 Avril 2026 (Infos Gabon) – Face à une insécurité routière devenue un enjeu majeur de santé publique, le Gabon franchit un cap. Après quatre jours de concertation, les autorités ont adopté un Plan national de sécurité routière 2026-2030, officiellement remis au vice-président du gouvernement, Hermann Immongault.

Plus qu’un document stratégique, ce programme ambitionne de rompre avec une réalité trop longtemps tolérée : celle d’accidents à répétition et de vies brisées sur les routes.

Une réponse structurée à une urgence nationale

Le ton est donné dès les premières déclarations. « Je veillerai personnellement à ce que la mise en œuvre de ce plan fasse l’objet d’un suivi rigoureux », a affirmé Hermann Immongault, insistant sur la nécessité de résultats mesurables. L’objectif n’est plus d’énoncer des principes, mais d’imposer une discipline d’exécution : responsabilités clairement définies, échéances respectées et évaluation régulière.

Ce volontarisme marque une rupture. Car derrière les chiffres de l’insécurité routière, c’est un déficit structurel qui est visé : celui de l’application effective des règles.

Faire respecter la loi avant d’en créer de nouvelles

Le plan s’attaque d’abord aux comportements à risque. Excès de vitesse, surcharge des véhicules, conduite sans permis, circulation d’engins non conformes : autant de pratiques largement identifiées et désormais ciblées. « Il ne s’agit pas de multiplier les textes mais de faire respecter ce qui existe déjà », a rappelé le vice-président du gouvernement.

Cette approche traduit une prise de conscience : la faiblesse du système ne réside pas tant dans le manque de réglementation que dans son application.

Technologie, infrastructures et prise en charge

Au-delà de la répression, le programme repose sur une modernisation en profondeur. L’introduction d’outils technologiques pour surveiller le trafic et détecter les infractions vise à renforcer l’efficacité et la transparence des contrôles, tout en limitant les marges d’arbitraire.

Le ministre des Transports et de la Marine marchande, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, voit dans ce plan « le point de départ d’une dynamique nouvelle », centrée sur l’amélioration durable du système routier. Cela passe aussi par la réhabilitation des infrastructures et une meilleure prise en charge des victimes, souvent défaillante.

Changer les comportements, durablement

Mais la transformation la plus ambitieuse est sans doute culturelle. Le plan prévoit une refonte de la formation des conducteurs, avec un accent sur la prévention, la responsabilité et le respect des règles. L’enjeu est clair : faire émerger une véritable culture de la sécurité routière.

Cette dimension éducative s’inscrit dans les engagements internationaux du pays, notamment la résolution 74-299 des Nations unies, qui appelle à une réduction significative des accidents à l’échelle mondiale.

De l’intention à l’impact

En adoptant ce plan quinquennal, le Gabon envoie un signal fort : la sécurité routière n’est plus une question secondaire, mais une priorité nationale. Reste désormais l’épreuve décisive de la mise en œuvre.

Car sur les routes, les plans ne sauvent pas des vies. Ce sont les actes. Si cette stratégie est appliquée avec la rigueur annoncée, elle pourrait marquer un tournant durable. À défaut, elle rejoindra la longue liste des ambitions restées sans effet. Le défi est posé. Et il se mesure, chaque jour, en vies humaines.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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