Gabon : offensive contre la taxe invisible
Libreville, Mercredi 29 Avril 2026 (Infos Gabon) – À l’ANPI, le gouvernement gabonais a franchi une nouvelle étape dans sa lutte contre un mal discret mais profondément enraciné : la parafiscalité illégale.
Réuni le 27 avril sous la présidence du Secrétaire général du gouvernement, Abdu Razzaq Guy Kambogo, le deuxième Comité Technique de Coordination Opérationnelle (CTCO) a mis au jour les contours d’un phénomène qui pèse lourdement sur l’économie réelle.
Un système parallèle sous pression
Derrière l’expression technique de « parafiscalité illégale » se cache une réalité bien plus tangible pour les acteurs économiques : une multiplication de prélèvements, souvent mal encadrés, qui s’ajoutent à la fiscalité officielle. Au fil des échanges, les représentants des administrations, des collectivités locales et du Syndicat National des Commerçants du Gabon ont dressé un constat convergent : ces pratiques fragilisent l’activité des entreprises et alimentent la hausse du coût de la vie.
En cause, une superposition d’interventions administratives et une prolifération de contrôles qui brouillent la lisibilité du système fiscal. Pour de nombreux opérateurs, cette complexité devient un frein direct à l’investissement et à la compétitivité.
Clarifier pour rétablir la confiance
Face à ce diagnostic, les participants ont insisté sur un impératif central : la clarification des rôles. Qui prélève quoi, et au nom de quelle compétence ? Derrière cette question se joue la crédibilité de l’action publique.
Le renforcement de la coordination entre les différentes entités apparaît ainsi comme une condition essentielle pour mettre fin aux chevauchements et aux pratiques abusives. L’objectif est double : protéger les opérateurs économiques tout en rétablissant l’autorité de l’État dans la gestion des prélèvements.
Une feuille de route sous surveillance
À l’issue des travaux, une feuille de route assortie d’indicateurs de performance a été adoptée. Un choix stratégique qui marque une évolution : passer d’un diagnostic partagé à une logique de résultats mesurables.
Une nouvelle session est d’ores et déjà annoncée pour évaluer l’application effective des mesures. Un signal que le gouvernement entend inscrire cette lutte dans la durée, loin des effets d’annonce ponctuels.
Un enjeu économique majeur
Au-delà de la technicité du sujet, l’enjeu est fondamental. La parafiscalité illégale agit comme une « taxe invisible » qui déséquilibre le tissu économique. Elle pénalise les entreprises formelles, encourage les circuits informels et fragilise la confiance des investisseurs.
En s’attaquant à ce phénomène, l’exécutif, sous l’impulsion du président Brice Clotaire Oligui Nguema, cherche à instaurer un environnement plus transparent et plus prévisible. Une condition indispensable pour soutenir la diversification économique du pays.
L’épreuve de la mise en œuvre
Reste une question décisive : celle de l’exécution. Car identifier les dysfonctionnements est une étape. Les corriger en est une autre, plus complexe.
La réussite de cette initiative dépendra de la capacité des institutions à faire respecter les règles, à sanctionner les abus et à instaurer une discipline collective. Sans cela, la parafiscalité illégale risque de se reconfigurer plutôt que de disparaître.
En s’engageant sur ce terrain, le Gabon ouvre un chantier sensible mais incontournable. Car derrière la rationalisation des prélèvements se joue bien plus qu’un ajustement technique : c’est la reconstruction de la confiance entre l’État et les acteurs économiques. Un enjeu central pour toute économie en transformation.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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