France – Gabon : l’alliance verte se renforce
Libreville, Jeudi 4 Juin 2026 (Infos Gabon) – Longtemps associée aux enjeux économiques, sécuritaires ou diplomatiques, la relation entre la France et le Gabon prend aujourd’hui une dimension nouvelle.
À travers une mobilisation exceptionnelle de chercheurs, d’institutions scientifiques, d’ONG, de journalistes et d’acteurs de la société civile, Paris et Libreville affichent leur ambition commune de faire de l’environnement l’un des piliers majeurs de leur partenariat stratégique.
La Semaine de l’environnement organisée du 1er au 5 juin par l’Ambassade de France au Gabon et à Sao Tomé-et-Principe, en collaboration avec l’Institut français du Gabon, dépasse largement le cadre d’un simple rendez-vous académique. Cette initiative ne se limite pas à une série d’activités de sensibilisation. Elle s’inscrit dans une stratégie de coopération environnementale de long terme entre Paris et Libreville, consolidée au plus haut niveau politique lors de la rencontre entre Emmanuel Macron et Brice Clotaire Oligui Nguema à la Baie des Rois en novembre 2025 autour de la préservation des forêts du bassin du Congo.
Elle constitue un signal politique fort à un moment où la protection des forêts tropicales, la lutte contre le changement climatique et la préservation de la biodiversité figurent parmi les défis les plus décisifs du XXIe siècle.
Dans un pays qui abrite une part essentielle du bassin du Congo, deuxième massif forestier tropical de la planète après l’Amazonie, cette initiative traduit une convergence croissante des priorités entre les autorités gabonaises et leurs partenaires français.
Le Gabon, puissance écologique mondiale
Le Gabon occupe une place singulière dans la gouvernance environnementale mondiale. Avec près de 88 % de son territoire recouvert de forêts, le pays est considéré comme l’un des rares États au monde à absorber davantage de carbone qu’il n’en émet.
Cette position stratégique lui confère un rôle déterminant dans la lutte contre le réchauffement climatique. La préservation de ses écosystèmes n’est donc plus seulement une question nationale. Elle est devenue un enjeu international.
C’est précisément dans cette logique que s’inscrit la Semaine de l’environnement. Les conférences, panels, rencontres scientifiques et projections organisés à Libreville mettent en lumière plusieurs défis majeurs auxquels le pays est confronté.
La pollution plastique, qui menace les milieux marins et fluviaux. La préservation de la biodiversité. La protection des pollinisateurs essentiels à la sécurité alimentaire. Le développement d’une recherche scientifique capable d’éclairer les décisions publiques.
Une coopération qui change d’échelle
Au-delà des déclarations d’intention, la coopération franco-gabonaise s’appuie désormais sur des engagements financiers et scientifiques mesurables. Les Fonds Équipe France soutiennent déjà plusieurs initiatives destinées à lutter contre la pollution plastique et à accompagner les défenseurs de l’environnement.
La France soutient plusieurs programmes consacrés à la lutte contre la pollution plastique et à l’accompagnement des défenseurs de l’environnement. Dans le cadre de l’initiative internationale One Forest Vision, six doctorants gabonais bénéficient actuellement d’un financement destiné à renforcer la recherche scientifique nationale sur les écosystèmes forestiers et la biodiversité.
L’Agence française de développement (AFD) a également lancé en 2026 un nouveau programme d’appui de 17 millions d’euros (onze milliards cent cinquante et un millions deux cent soixante-neuf milles francs CFA, 11 151 269 000 FCFA) en partenariat avec le ministère gabonais des Eaux et Forêts et de l’Environnement. Ce projet vise à renforcer les capacités nationales de gestion durable des ressources naturelles et à accompagner les politiques publiques environnementales.
Ces investissements témoignent d’une évolution profonde de la coopération franco-gabonaise. La relation ne se limite pas qu’aux infrastructures ou aux échanges économiques traditionnels. Elle s’intéresse également à la production de connaissances, le financement de solutions durables et le renforcement des capacités locales.
Cette approche correspond également à la vision portée par les autorités gabonaises, qui souhaitent faire de la valorisation durable des ressources naturelles un moteur de diversification économique.
La science au cœur de la coopération verte
Au-delà des investissements financiers, la Semaine de l’environnement met en lumière une autre dimension essentielle du partenariat entre la France et le Gabon, celle de la recherche scientifique comme levier de préservation des écosystèmes. Le programme élaboré par l’Ambassade de France et l’Institut français du Gabon illustre cette volonté de rapprocher les savoirs scientifiques, les décideurs publics et les citoyens autour des grands enjeux environnementaux contemporains.
La manifestation s’est ouverte par une soirée d’observation des étoiles organisée sur la plage du Tropicana avec le concours du Centre national d’études spatiales et de l’Agence spatiale européenne. Bien au-delà de sa portée pédagogique, cette initiative rappelle le rôle croissant des technologies spatiales dans la surveillance des forêts, le suivi des changements climatiques, la cartographie des ressources naturelles et la lutte contre la déforestation. Elle s’inscrit dans la continuité du forum NewSpace Africa récemment organisé à Libreville, qui avait consacré la place stratégique des données satellitaires dans la gestion durable des territoires africains.
Tout au long de la semaine, chercheurs, experts, étudiants et représentants de la société civile échangeront également autour des défis liés à la pollution plastique, devenue l’une des principales menaces pour les écosystèmes terrestres et marins. D’autres rencontres seront consacrées au rôle du journalisme environnemental et de l’investigation dans la protection des ressources naturelles, un enjeu devenu central dans un contexte mondial marqué par l’accélération des pressions sur la biodiversité.
La clôture de l’événement, organisée à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, mettra l’accent sur les pollinisateurs et plus particulièrement sur les abeilles, dont le rôle est considéré comme fondamental pour la sécurité alimentaire, la préservation des équilibres écologiques et la résilience des systèmes agricoles. Un sujet qui rappelle que la protection de la biodiversité ne se limite pas aux grandes forêts tropicales mais concerne également les mécanismes invisibles qui garantissent la vie et la production alimentaire.
De la sensibilisation à l’action
L’une des particularités de cette édition réside dans la place accordée aux journalistes d’investigation, aux défenseurs de l’environnement et aux représentants de la société civile. Le panel consacré à l’engagement citoyen met en lumière un enjeu souvent négligé dans les politiques de conservation. La protection durable des écosystèmes dépend autant des décisions publiques que de la capacité des communautés à documenter, dénoncer et prévenir les atteintes à l’environnement.
La clôture de la semaine, organisée le 5 juin à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement en présence de l’ambassadeur de France Fabrice Mauriès, dépasse le simple cadre protocolaire. Elle symbolise la volonté de faire du Gabon un laboratoire africain de la transition écologique, où diplomatie, science, financement du développement et mobilisation citoyenne convergent vers un même objectif.
La visite du président Macron à Libreville en novembre 2025, aux côtés de son homologue gabonais, avait déjà marqué cette orientation nouvelle autour des enjeux forestiers mondiaux. La Semaine de l’environnement lui donne aujourd’hui une traduction concrète.
Plus qu’un événement institutionnel, cette mobilisation franco-gabonaise révèle une réalité désormais incontestable. À l’heure où la planète cherche des solutions face aux bouleversements climatiques, le Gabon devient l’un des laboratoires stratégiques de la transition écologique mondiale. Et la France entend clairement accompagner cette ambition.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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