Economie

Cuisson propre : L’Afrique face à un défi énergétique majeur

Libreville, Lundi 28 Septembre 2026 (Infos Gabon) – À New York, la cuisson propre s’est imposée au cœur de l’agenda énergétique africain. Réunis le 23 septembre en marge de la 81e Assemblée générale des Nations unies, dirigeants, institutions financières et partenaires internationaux ont voulu faire de cet enjeu longtemps considéré comme domestique une priorité de développement.

Pour le Gabon comme pour les autres pays africains, le message est clair, la transition énergétique ne pourra être complète si elle laisse les ménages dépendants du bois, du charbon de bois ou d’autres combustibles traditionnels.

Près d’un milliard d’Africains n’ont toujours pas accès à des solutions de cuisson propre. Cette réalité dépasse largement la question du confort des ménages. La combustion de biomasse dégrade la qualité de l’air intérieur, accentue la pression sur les forêts et mobilise chaque jour une partie importante du temps des familles. Les femmes et les enfants sont particulièrement exposés, notamment en raison du temps consacré à la collecte du combustible, au détriment de l’éducation, de l’activité économique ou de l’entrepreneuriat.

La réunion organisée par le Kenya et la Norvège, avec l’Agence internationale de l’énergie, la Clean Cooking Alliance et UN Energy, marque une évolution dans la manière d’aborder le problème. Pour la première fois, la cuisson propre a occupé une place centrale dans les discussions de haut niveau de l’Assemblée générale. L’objectif est désormais de passer des déclarations politiques à des investissements capables de modifier concrètement les pratiques énergétiques des ménages.

La Banque africaine de développement veut peser dans cette transformation. Après le premier Sommet africain sur la cuisson propre en 2024, elle s’est engagée à mobiliser deux milliards de dollars sur dix ans pour le secteur. Environ 135 millions de dollars ont déjà été affectés à des projets, dans un effort qui combine électrification, biogaz, équipements performants et autres solutions adaptées aux réalités nationales.

Cette orientation s’inscrit dans une dynamique plus large. Les 36 Pactes nationaux de l’énergie adoptés dans le cadre de Mission 300, initiative menée avec la Banque mondiale pour connecter 300 millions d’Africains à l’électricité d’ici 2030, intègrent désormais des objectifs relatifs à la cuisson propre. Les pays peuvent ainsi miser sur différentes technologies, de la cuisson électrique au GPL, en passant par le biogaz, le bioéthanol, les briquettes ou les foyers améliorés.

Des expériences sont déjà engagées en Ouganda, en Tanzanie et au Rwanda, où les financements accompagnent respectivement le biogaz, les équipements électriques et l’accès aux technologies propres pour des milliers de foyers et d’établissements.

Le prochain rendez-vous est fixé à Nairobi en janvier 2027. Le Kenya entend y transformer l’élan politique de New York en engagements financiers et en plans d’action. L’enjeu concerne directement les pays africains, y compris le Gabon, où la question de l’accès à une énergie abordable doit désormais être pensée avec celle de la santé publique, de la protection des forêts et du pouvoir d’achat. La cuisson propre apparaît ainsi moins comme un volet secondaire de la transition que comme l’un de ses indicateurs les plus concrets, au cœur de la vie quotidienne des populations.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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