Economie

Gabon : Nationale 1, le chantier repart

Libreville, Mardi 29 Septembre 2026 (Infos Gabon) – Après plusieurs mois d’interruption, le tronçon PK24-PK40 de la Nationale 1 retrouve ses engins et ses équipes. Sur cet axe stratégique qui concentre une partie importante des flux entre Libreville et l’intérieur du pays, la reprise des travaux ne constitue pas un simple redémarrage de chantier. Elle intervient après une rupture contractuelle et place désormais l’État face à une exigence centrale, transformer une relance administrative en réalisation concrète, visible et durable.

Le 26 septembre 2026, le ministre des Travaux publics et de la Construction, Edgard Moukoumbi, s’est rendu sur le terrain avec le ministre de la Mer, de la Pêche et de l’Économie bleue, Aimé Martial Massamba, l’ambassadeur de France au Gabon, Fabrice Mauriès, ainsi que les représentants de la Société Autoroutière du Gabon, du groupe China Road and Bridge Corporation, de la mission de contrôle STUDY et des équipes techniques du ministère. Cette présence plurielle traduit l’importance accordée à un projet dont les enjeux dépassent largement les limites du tronçon concerné.

Un chantier relancé après une rupture

Sur le terrain, le ministre a constaté le déploiement du nouveau dispositif technique et les moyens désormais mobilisés pour poursuivre l’élargissement du PK24-PK40. La reprise intervient après la résiliation du contrat conclu avec AFCONS Infrastructure et le transfert de la poursuite des travaux au groupe chinois China Road and Bridge Corporation, ou CRBC.

Cette nouvelle séquence devra surtout démontrer que le changement d’opérateur peut produire davantage qu’un simple effet d’annonce. Pour les autorités, le défi est désormais celui de la continuité. Un chantier routier de cette importance ne se mesure pas uniquement à la présence des engins, mais à la régularité des travaux, au respect des échéances, à la qualité des ouvrages et à la capacité des différents intervenants à coordonner leurs responsabilités.

C’est dans cette logique qu’Edgard Moukoumbi a appelé les acteurs du chantier à maintenir un rythme soutenu et à respecter les engagements pris. La mission de contrôle, les entreprises et les équipes de l’administration devront ainsi jouer pleinement leur rôle pour éviter qu’une nouvelle interruption ne vienne fragiliser la dynamique engagée.

Plus qu’une route, un corridor économique

L’élargissement du PK24-PK40 répond à une problématique devenue structurelle pour le Gabon. La croissance des déplacements, l’intensification des échanges et l’extension progressive des zones d’activité autour de Libreville exercent une pression croissante sur les infrastructures existantes.

Edgard Moukoumbi, sur le terrain avec Aimé Martial Massamba, Fabrice Mauriès

Sur cette portion de la Nationale 1, l’amélioration de la circulation ne relève donc pas seulement du confort des automobilistes. Elle touche directement la sécurité routière, le transport des marchandises, la mobilité des travailleurs et la fluidité des échanges entre la capitale économique et administrative et les autres pôles du territoire.

Une route modernisée peut réduire les temps de déplacement et les contraintes logistiques, mais elle peut surtout modifier l’organisation économique d’un territoire. Elle facilite l’accès aux marchés, rapproche les bassins de production des centres de consommation et peut contribuer à l’émergence de nouvelles activités le long de son tracé.

C’est pourquoi le chantier doit être considéré comme un maillon d’une politique plus large de connectivité nationale. Dans un pays où les distances et l’état des infrastructures peuvent encore peser lourdement sur les coûts de transport, chaque axe stratégique modernisé représente un potentiel de désenclavement et de compétitivité.

La reprise devra désormais produire des résultats

La visite gouvernementale du 26 septembre intervient ainsi à un moment où la question n’est plus seulement de relancer le projet, mais de lui donner une trajectoire crédible. Le changement de constructeur offre une nouvelle configuration contractuelle. Il impose aussi une obligation de résultats.

Pour le gouvernement, la modernisation du réseau routier constitue l’un des leviers de la politique d’aménagement et de développement portée par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. Mais cette ambition ne pourra être jugée qu’à partir de ses effets concrets sur le terrain.

La Nationale 1 n’a pas seulement besoin de kilomètres supplémentaires de chaussée. Elle a besoin d’infrastructures sûres, durables, correctement entretenues et capables d’accompagner l’activité économique sur le long terme. La réussite du PK24-PK40 dépendra donc autant de l’avancement physique du chantier que de la qualité du pilotage, du contrôle et du respect des engagements.

La reprise des travaux constitue une étape importante. Elle ne sera véritablement significative que lorsque les usagers pourront constater, dans leur quotidien, une route plus sûre, une circulation plus fluide et une liaison plus efficace entre les territoires. C’est à cette condition que le redémarrage du chantier cessera d’être une actualité de travaux publics pour devenir un véritable investissement dans la mobilité et l’économie gabonaises.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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