Economie

Gabon : la volaille au cœur du nouveau front agricole

Libreville, Jeudi 1er Octobre 2026 (Infos Gabon) – Le Gabon veut réduire sa dépendance alimentaire en s’attaquant à l’un de ses marchés les plus sensibles, celui de la volaille. À Libreville, le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement rural, Pacôme Kossy, et le nouveau représentant résident de la Banque mondiale au Gabon, Sylvain Kakou, ont posé mercredi les premiers jalons d’une coopération destinée à accélérer la transformation du secteur agricole.

Derrière cette rencontre institutionnelle se dessine un enjeu plus large, celui de la capacité du pays à produire davantage, localement, pour répondre à sa propre demande.

La filière avicole apparaît comme l’un des premiers terrains d’intervention. Le choix n’est pas neutre. Développer la production de volailles implique de structurer toute une chaîne de valeur, depuis l’alimentation animale et l’élevage jusqu’à l’abattage, la transformation, la conservation et la distribution. Il s’agit donc moins de soutenir une activité isolée que de construire un véritable écosystème productif.

La priorité affichée est claire, réduire progressivement le recours aux importations tout en renforçant la sécurité alimentaire. Pour le Gabon, cette orientation répond à une double nécessité. Elle doit permettre de mieux couvrir les besoins du marché intérieur, mais aussi de créer davantage de valeur sur le territoire national. La question agricole rejoint ainsi directement celle de la diversification économique.

La Banque mondiale entend accompagner cette dynamique en considérant l’agriculture et l’élevage comme des secteurs susceptibles de contribuer davantage à la transformation de l’économie gabonaise. Sylvain Kakou a notamment mis en avant le potentiel de structuration des chaînes de valeur et leur capacité à faire entrer plus largement le secteur privé national dans la dynamique de production.

Cette approche ouvre également un enjeu social. Une filière avicole mieux organisée peut générer des débouchés pour les exploitants, les transformateurs, les distributeurs et les prestataires de services. Elle peut surtout créer des emplois durables pour les jeunes et les femmes, à condition que les investissements ne se limitent pas à l’augmentation des volumes de production.

Le véritable défi sera donc celui de la compétitivité. Produire davantage ne suffira pas si les coûts restent trop élevés, si l’accès aux intrants demeure fragile ou si les infrastructures de conservation et de distribution ne suivent pas. La réussite d’une telle politique dépendra de la cohérence de l’ensemble de la chaîne et de la capacité à créer un environnement suffisamment stable pour attirer les entreprises et encourager l’investissement local.

La rencontre entre Pacôme Kossy et Sylvain Kakou marque ainsi davantage qu’une prise de contact institutionnelle. Elle ouvre une séquence où la Banque mondiale pourrait accompagner les priorités de transformation du secteur agroalimentaire gabonais. Pour Libreville, l’enjeu est désormais de convertir cette coopération en capacités productives concrètes. Car la sécurité alimentaire ne se décrète pas. Elle se construit dans les exploitations, les entreprises, les chaînes logistiques et les marchés.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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