CEMAC : Les anciennes pièces bientôt hors circuit
Libreville, Lundi 12 Octobre 2026 (Infos Gabon) – À partir du 1er novembre 2026, certaines pièces de monnaie encore présentes dans les poches, les commerces et les tirelires des ménages d’Afrique centrale perdront leur statut légal.
Décidée le 7 octobre à N’Djamena par le Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC), la démonétisation des pièces des gammes 1958, 1959, 1971, 1976 et 1985 marque une nouvelle étape dans la modernisation de la circulation monétaire au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Pour les usagers, l’échéance impose surtout un changement pratique, avec la nécessité de faire échanger les anciennes pièces avant de ne plus pouvoir les utiliser pour régler leurs achats.
Réuni pour sa troisième session ordinaire de l’année sous l’égide de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), le Comité ministériel a validé la fin du cours légal et du pouvoir libératoire de ces cinq anciennes gammes. La décision concerne les six pays de la zone, à savoir le Cameroun, le Congo, le Gabon, le Tchad, la République centrafricaine et la Guinée équatoriale.
Concrètement, à compter de la date fixée, les commerçants ne seront plus tenus d’accepter ces pièces comme moyen de paiement. Les personnes qui en détiennent pourront toutefois les échanger aux guichets de la BEAC, sur présentation d’une pièce d’identité, selon les modalités annoncées. Les ménages sont donc invités à vérifier leurs réserves de monnaie, tandis que les commerçants devront anticiper le retrait de ces espèces de leurs transactions quotidiennes.
Cette opération s’inscrit dans le prolongement de l’introduction, en avril 2025, d’une nouvelle gamme de pièces destinée à mieux répondre aux besoins des petites transactions et à renforcer la sécurité des espèces en circulation. Le renouvellement du numéraire vise également à faciliter la gestion des pièces et à réduire les coûts liés au traitement, au stockage et à la remise en circulation des monnaies devenues anciennes.
Au-delà du retrait de pièces datant de plusieurs décennies, l’enjeu est celui de l’efficacité du système fiduciaire. Une monnaie métallique adaptée aux usages courants doit rester suffisamment disponible, identifiable et pratique pour les échanges de faible montant. Lorsque plusieurs générations de pièces coexistent, la gestion des stocks et leur circulation peuvent devenir plus complexes pour les banques, les commerçants et les autorités monétaires.
La réussite de cette transition dépendra néanmoins de la clarté de l’information et de l’accessibilité des opérations d’échange. Dans une région où les espèces occupent encore une place importante dans les paiements du quotidien, les usagers doivent connaître les pièces concernées, la date limite d’utilisation et les démarches à accomplir. Une communication insuffisante pourrait exposer certains détenteurs à des difficultés évitables, notamment ceux qui conservent de petites sommes sur de longues périodes.
Le 1er novembre approche donc comme une échéance concrète pour les six économies de la CEMAC. La modernisation monétaire ne se résume pas à remplacer des pièces anciennes par de nouvelles. Elle doit garantir que la transition soit comprise, accessible et sans préjudice inutile pour les utilisateurs. D’ici là, le réflexe est simple, identifier les anciennes gammes et organiser leur échange auprès de la BEAC avant leur retrait du circuit des paiements.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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