Politique

Gabon : Mouckocko face au défi de l’eau et de l’électricité

Libreville, Lundi 12 Octobre 2026 (Infos Gabon) – Le Gabon confie l’un de ses portefeuilles les plus sensibles à un spécialiste des ressources hydriques et des infrastructures. Nommé le 11 octobre 2026 ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, Olivier Mouckocko succède à Philippe Tonangoye dans le cadre du remaniement gouvernemental annoncé par la présidence de la République. Son arrivée place un profil issu de l’ingénierie et de l’industrie au cœur d’un défi national : transformer les ambitions d’accès universel en services publics fiables, accessibles et durables.

Dans un pays où l’accès à l’eau potable et à l’électricité conditionne aussi bien la santé publique que la compétitivité des entreprises, le changement de titulaire ne relève pas d’un simple ajustement administratif. Il engage un secteur dont les performances se mesurent directement dans la vie quotidienne des ménages, le fonctionnement des administrations et les perspectives de développement économique.

De l’ingénierie à la responsabilité publique

Géologue de formation, spécialisé en hydrogéologie, Olivier Mouckocko possède plus de vingt années d’expérience au Gabon et à l’international. Il est également titulaire d’un MBA en management des affaires. Son parcours l’a conduit à évoluer entre le conseil en ingénierie, l’administration publique et l’industrie minière, trois univers où la maîtrise technique, la gestion des ressources et le pilotage de projets constituent des compétences déterminantes.

Il a commencé sa carrière au sein du cabinet d’ingénierie SEURECA avant de rejoindre l’administration chargée de l’eau. Il a ensuite intégré la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog), filiale du groupe Eramet, où il a exercé plusieurs responsabilités liées aux infrastructures, aux équipements et au patrimoine industriel. Avant sa nomination, il occupait le poste de directeur des Infrastructures et des Équipements chez Eramet Comilog Manganese.

Ce parcours présente un intérêt particulier pour un ministère qui doit articuler expertise technique, investissements lourds et exigences de service public. L’hydrogéologie apporte une connaissance des ressources en eau ; l’expérience des infrastructures renvoie à la réalisation et à la maintenance des équipements ; le management, enfin, concerne la conduite des projets et l’allocation des moyens.

Mais passer du secteur industriel à la responsabilité ministérielle implique un changement d’échelle et de logique. L’action publique doit répondre à des besoins collectifs, tenir compte des disparités territoriales et inscrire les investissements dans une politique d’accès équitable aux services essentiels.

Des chantiers décisifs, des attentes immédiates

Le nouveau ministre hérite d’un secteur confronté à plusieurs impératifs : renforcer les capacités de production électrique, fiabiliser les réseaux, développer les infrastructures hydrauliques et améliorer la desserte des populations. L’accès universel ne peut se réduire à l’installation de nouveaux équipements. Il suppose également leur entretien, la continuité du service, une distribution efficace et une gestion soutenable des investissements.

Les dossiers déjà engagés illustrent l’ampleur de la tâche. Dans son communiqué du 8 octobre 2026, la présidence de la République a fait état de la livraison de neuf turbines bicombustibles représentant une capacité cumulée de 255 mégawatts, destinées notamment au renforcement des centrales d’Akournam, de Port-Gentil et de Lambaréné. La mise en service des équipements concernés était alors attendue à la mi-novembre pour les installations d’Akournam et de Port-Gentil.

Le même communiqué faisait état de l’avancement à 95 % des travaux de gros œuvre de l’aménagement hydroélectrique de Kinguélé Aval, d’une puissance de 35 mégawatts, dont la mise en service des trois turbines était prévue entre octobre et décembre 2026, sous réserve des conditions nécessaires à son exploitation. Ces échéances constituent des repères concrets pour apprécier la continuité des projets et leur traduction en capacité énergétique disponible.

Sur le volet hydraulique, le ministère doit également poursuivre l’extension de l’accès à l’eau potable, tout en veillant à la qualité de la ressource et à la performance des opérateurs. L’enjeu est de rapprocher les investissements des besoins réels des populations, y compris dans les localités éloignées des principaux centres urbains.

Le résultat comme mesure de l’action ministérielle

La nomination d’Olivier Mouckocko intervient ainsi à un moment où les attentes ne portent plus seulement sur l’annonce des programmes, mais sur leur exécution. Les compétences techniques peuvent contribuer à mieux préparer les décisions, à anticiper les contraintes et à améliorer le suivi des chantiers. Elles ne suffisent toutefois pas, à elles seules, à garantir des résultats : le financement, la coordination administrative, la gouvernance des opérateurs et la maintenance des installations seront tout aussi déterminants.

Le défi consiste à faire converger les investissements dans l’eau et l’électricité vers un objectif commun : améliorer durablement les conditions de vie et soutenir l’activité économique. Cela exige des priorités lisibles, des calendriers suivis et une évaluation fondée sur des indicateurs accessibles au public.

Pour Olivier Mouckocko, la réussite ne se mesurera donc ni à son parcours ni au volume des projets annoncés, mais à ce que les Gabonais constateront effectivement : une eau potable plus accessible et une électricité plus régulière. C’est à cette épreuve concrète que son expertise devra désormais répondre.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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