Gabon–Canada : Investir oui, transformer davantage sur place
Libreville, Jeudi 29 Octobre 2026 (Infos Gabon) – Le Gabon veut attirer les capitaux étrangers sans renoncer à une priorité stratégique, faire de ses ressources naturelles un moteur de transformation économique et d’emplois durables. C’est le message qui s’est dégagé de la rencontre, mercredi à Libreville, entre le ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Transformation, porte-parole du gouvernement, Emmanuel Eyeghe Nze, et Marie-Claude Harvey, Haut-Commissaire du Canada au Gabon, également accréditée au Cameroun, au Tchad et en République centrafricaine.
Derrière cette audience présentée comme une occasion de renforcer les relations bilatérales, se dessine une ambition plus concrète, celle de convertir l’intérêt des investisseurs canadiens en projets capables de créer davantage de valeur au Gabon.
Les échanges ont porté sur plusieurs secteurs jugés porteurs, notamment la transformation locale des ressources minières, l’énergie, l’agroforesterie et les infrastructures. Ces domaines recoupent des enjeux majeurs pour l’économie gabonaise, dont la capacité à diversifier ses activités, à développer ses chaînes de valeur et à réduire sa dépendance à l’exportation de matières premières peu ou pas transformées.
Dans le secteur minier, l’enjeu dépasse l’extraction. La transformation sur place peut favoriser l’émergence d’activités industrielles connexes, stimuler les besoins en compétences et accroître les retombées économiques nationales. Mais cette ambition exige des infrastructures fiables, une énergie disponible à un coût compétitif, des financements adaptés et une politique de formation en phase avec les besoins des entreprises. Sans ces conditions, la transformation locale risque de rester un objectif affiché plutôt qu’une réalité industrielle.
L’énergie et les infrastructures constituent, à cet égard, des leviers déterminants. Elles conditionnent la compétitivité des projets, l’implantation des unités de production et l’accès des entreprises aux marchés. L’agroforesterie ouvre, pour sa part, des perspectives de valorisation des ressources forestières et agricoles, à condition de concilier création de richesse, gestion durable des écosystèmes et développement des activités locales.
Sous l’impulsion du président Brice Clotaire Oligui Nguema, le gouvernement affirme vouloir inscrire les investissements dans une logique de bénéfices réciproques. Le ministre Emmanuel Eyeghe Nze a ainsi rappelé que les investisseurs étaient les bienvenus, à condition que leurs projets correspondent aux priorités nationales. Le principe est clair, attirer les capitaux, mais obtenir en retour des retombées tangibles pour l’économie et la population.
La création d’emplois durables, particulièrement pour les jeunes, figure au cœur de cette orientation. Elle suppose cependant d’aller au-delà du nombre d’investissements annoncés pour examiner leur contenu réel, les emplois directs et indirects créés, la place des entreprises gabonaises dans les chaînes de sous-traitance et le transfert de compétences. Les projets devront également être appréciés selon leur contribution à la formation professionnelle, à l’intégration industrielle et à l’élargissement de la base productive du pays.
À ce stade, la rencontre ne constitue pas l’annonce d’accords d’investissement conclus. Elle ouvre plutôt une séquence de dialogue économique dont la portée dépendra de la capacité des deux parties à faire émerger des projets précis, financés et assortis d’objectifs vérifiables. La prochaine étape consistera à traduire les possibilités évoquées en engagements concrets, avec des calendriers, des responsabilités clairement établies et des mécanismes de suivi.
Le rapprochement entre Libreville et Ottawa offre ainsi un cadre pour explorer de nouvelles opportunités de coopération. Mais sa réussite ne se mesurera ni au nombre d’audiences ni à l’ampleur des intentions affichées. Elle se jugera à la transformation effective des ressources, à la consolidation du tissu industriel et aux emplois créés. Pour le Gabon, l’enjeu est désormais de faire de chaque investissement un levier de souveraineté économique et de prospérité partagée.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
Copyright Infos Gabon
LIRE AUSSI Logement au Gabon : 18,3 milliards à l’épreuve de l’équité territoriale

















