Economie

Gabon : Okala, 715 millions FCFA pour concilier route et droits fonciers

Libreville, Vendredi 30 Octobre 2026 (Infos Gabon) – La modernisation des infrastructures urbaines ne peut durablement se construire au détriment de ceux qui vivent et travaillent sur les emprises concernées. À Okala, dans le nord de Libreville, le Gouvernement gabonais engage une étape concrète de cette équation en lançant l’indemnisation des propriétaires affectés par le projet d’élargissement de la voie.

Le jeudi 29 octobre, au Gouvernorat de l’Estuaire, le ministre du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre, Mays Mouissi, a remis les premiers chèques aux bénéficiaires, pour une enveloppe initiale de 715 millions de FCFA. Une opération qui associe compensation financière et sécurisation foncière, avec l’ambition de faire avancer les travaux sans laisser les populations concernées sans solution.

Une première enveloppe pour accélérer les indemnisations

La cérémonie, organisée en présence de la gouverneure de l’Estuaire, Marie-Françoise Dikoumba, marque le démarrage effectif des paiements. Le recensement réalisé dans le périmètre du projet porte sur 66 biens, parmi lesquels 20 habitations familiales et 46 bâtiments à usage commercial. L’indemnisation individuelle la plus élevée atteint 310 millions de FCFA.

Le choix du Gouvernement est de ne pas attendre l’achèvement de toutes les évaluations pour engager les premiers règlements. Les propriétaires dont les dossiers ont déjà été expertisés et validés peuvent ainsi percevoir leur compensation, tandis qu’une seconde phase interviendra après la finalisation des évaluations restantes. Cette méthode vise à éviter qu’un processus administratif incomplet ne bloque l’ensemble de l’opération.

Le montant de 715 millions constitue donc une première étape, et non le bilan financier définitif des indemnisations. Cette distinction est importante pour comprendre le calendrier de l’opération et la portée des engagements annoncés.

Au-delà du chèque, la sécurité foncière

L’élément le plus structurant du dispositif réside dans la promesse faite aux propriétaires recensés. Chacun des 66 bénéficiaires doit recevoir une parcelle dotée d’un titre foncier, indépendamment de la vocation résidentielle ou commerciale du bien affecté. Le dispositif ne se limite donc pas à une compensation monétaire. Il prévoit également une solution de réinstallation fondée sur l’accès à un terrain juridiquement sécurisé.

Le ministère des Travaux publics doit prendre en charge l’aménagement des parcelles, dont le démarrage est annoncé prochainement. Cette articulation entre les départements ministériels du Logement et des Travaux publics est déterminante. Une parcelle attribuée mais dépourvue d’accès ou d’aménagements adaptés ne suffirait pas à garantir une réinstallation effective. La qualité de l’accompagnement dépendra donc autant de la réalisation des travaux annoncés que de la remise des titres fonciers.

Pour les propriétaires de locaux commerciaux, l’enjeu est également économique. La perte d’un emplacement peut affecter une activité, des revenus et parfois des emplois. La mise à disposition d’un terrain titré constitue une garantie importante, mais elle ne remplace pas automatiquement la continuité d’une activité. Les conditions concrètes de réinstallation et les délais d’aménagement seront ainsi des éléments essentiels à suivre.

La modernisation urbaine à l’épreuve de l’équité

L’élargissement de la voie d’Okala s’inscrit dans une ambition plus vaste de modernisation des infrastructures routières du Grand Libreville, portée par la vision du président Brice Clotaire Oligui Nguema. Mais la réussite d’un projet urbain ne se mesure pas uniquement aux kilomètres de routes aménagés ou à la fluidité du trafic attendue. Elle se juge aussi à la manière dont les droits des populations affectées sont reconnus et protégés.

En saluant la patience, la compréhension et l’esprit de dialogue des habitants concernés, Mays Mouissi a souligné la dimension humaine de cette opération. Le lancement des paiements donne une traduction concrète à cet engagement. Il reste désormais à assurer la régularité de la seconde phase, la disponibilité effective des parcelles, leur aménagement et la délivrance des titres annoncés.

Okala offre ainsi un test important pour la conduite des grands projets d’infrastructure au Gabon. La transformation des villes exige des routes, des équipements et une planification cohérente, mais aussi une politique foncière crédible. La modernisation gagne en légitimité lorsqu’elle ne se contente pas de déplacer les populations, mais leur garantit des conditions de réinstallation claires et juridiquement protégées. C’est à cette exigence que se mesurera la portée réelle de cette première opération.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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