Accord de principe avec le FMI : le Gabon regagne du crédit auprès des investisseurs
Libreville, Lundi 26 Janvier 2026 (Infos Gabon) – Le signal a été rapidement capté par les marchés. L’annonce d’un accord de principe entre le Gabon et le Fonds monétaire international (FMI) a entraîné une réaction positive des investisseurs internationaux, traduisant un début de réhabilitation de la signature financière du pays après plusieurs mois d’incertitudes.
Selon les données relayées par l’agence Bloomberg, les titres de la dette souveraine gabonaise ont enregistré une progression notable dans les jours ayant suivi la confirmation de la reprise des discussions avec l’institution de Bretton Woods. Un mouvement interprété comme un retour, certes prudent, de la confiance dans la trajectoire macroéconomique du pays.
Un signal fort envoyé aux marchés
Sur le marché obligataire, les obligations gabonaises libellées en dollars ont figuré parmi les plus performantes des économies émergentes à court terme. Les titres arrivant à échéance en 2031 ont affiché une hausse sensible, tandis que ceux de 2029 ont également été réévalués à la hausse.
Pour les analystes, cette dynamique reflète une perception légèrement améliorée du risque souverain, dans un contexte où la visibilité budgétaire demeure un facteur déterminant pour les investisseurs.
Au-delà des chiffres, c’est surtout la reprise d’un dialogue formalisé avec le FMI qui rassure. Après une période de gel consécutive aux bouleversements politiques récents, ce rapprochement est perçu comme le retour à un cadre de gouvernance économique plus structuré et plus lisible.
Un programme sous conditions
Interrogé par Bloomberg, le ministre de l’Économie, des Finances et de la Dette chargé de la lutte contre la vie chère a tenu à rappeler que l’accord en préparation s’inscrit dans une vision de développement durable, combinant stabilité macroéconomique et exigences sociales. Thierry Minko, puisque c’est de lui qu’il sa’git, a également souligné l’intensification des échanges techniques entre les équipes gabonaises et celles du FMI, en vue de finaliser les contours du programme.
Mais cet engagement ne saurait être interprété comme un chèque en blanc. Comme tout programme du FMI, l’appui financier envisagé sera conditionné à des réformes structurelles précises. Parmi les axes attendus figurent une meilleure maîtrise des dépenses publiques, la réduction progressive du déficit budgétaire et un encadrement plus rigoureux de l’endettement.
Réformes fiscales et enjeux sociaux
Sur le plan fiscal, les ajustements pourraient passer par un renforcement du recouvrement des recettes existantes et une réévaluation de certains avantages fiscaux jugés coûteux pour les finances publiques. Le dossier sensible des subventions, notamment dans le secteur de l’énergie, figure également parmi les leviers potentiels, avec la promesse de mécanismes compensatoires destinés à protéger les ménages les plus vulnérables.
Un équilibre délicat, dans un pays où les tensions sociales restent vives et où toute réforme budgétaire est scrutée à l’aune de son impact sur le pouvoir d’achat.
Un optimisme encore fragile
Malgré l’accueil favorable des marchés, les fragilités demeurent. Bloomberg rappelle que l’agence de notation Fitch Ratings a récemment abaissé la note souveraine du Gabon, mettant en avant un déficit encore élevé et un appétit des investisseurs qui reste mesuré à moyen terme.
En clair, l’embellie actuelle repose davantage sur une promesse de discipline économique que sur des résultats déjà acquis. Pour transformer cet essai, les autorités gabonaises devront démontrer leur capacité à mettre en œuvre les réformes annoncées, sans compromettre la cohésion sociale.
Les marchés ont donné un premier signe d’encouragement. Reste désormais au Gabon à convertir cette confiance naissante en crédibilité durable.
FIN/INFOSGABON/SO/2025
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