Gabon – Grève à l’éducation nationale : Jean Gaspard Ntoutoume Ayi appelé à jouer les pompiers sociaux
Libreville, Samedi 24 Janvier 2026 (Infos Gabon) – Alors que le système éducatif gabonais est paralysé depuis plusieurs semaines, une tentative de médiation s’organise pour sortir de l’impasse.
Réunis samedi en assemblée générale à Libreville, les enseignants du collectif SOS Éducation “la base” ont reçu la visite de Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, député de la commune d’Akanda, désormais désigné par le Chef de l’Etat comme médiateur dans la crise qui secoue l’Éducation nationale.
Face à des enseignants déterminés, l’élu est venu prendre le pouls d’un mouvement social qui, depuis le 5 janvier, tient les salles de classe vides à travers le pays. Les échanges ont porté sur l’ensemble des revendications du collectif, dans un climat qualifié d’ouvert et sans langue de bois.
Une médiation officiellement engagée
Selon le député, sa mission de médiation lui aurait été confiée dans le but de renouer le fil du dialogue entre le gouvernement et les grévistes. La veille de l’assemblée générale, il avait déjà rencontré, à son domicile, une délégation de SOS Éducation “la base”, qui lui avait exposé une position restée inchangée : « no money, no school ».
Devant les enseignants réunis, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi a invité le collectif à formaliser ses attentes en élaborant un protocole de sortie de crise, tout en désignant neuf (9) représentants chargés de porter officiellement la voix des grévistes lors des discussions à venir avec les autorités. Celles-ci devraient se tenir sous l’égide du vice-président du gouvernement, pressenti comme principal interlocuteur de l’exécutif.
Clarifier les positions pour sortir de l’impasse
L’objectif affiché de la médiation est de décrisper les positions et de créer les conditions d’un dialogue réaliste. Ancien directeur général de la Dette, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi a insisté sur la nécessité d’une approche pragmatique : le gouvernement, a-t-il expliqué, devra exposer clairement les marges budgétaires dont il dispose, tandis que les enseignants seront appelés à hiérarchiser leurs revendications en fonction de ces contraintes financières.
Une méthode qui se veut rationnelle, mais qui devra convaincre une base syndicale échaudée par des tentatives de concertation jugées insuffisantes.
Une fracture interne et des tensions persistantes
Les enseignants de SOS Éducation “la base” ont profité de l’occasion pour exprimer leur frustration face à ce qu’ils qualifient de négociations biaisées lors des récentes assises d’Alibandeng. Selon eux, l’absence de discussions inclusives et les initiatives unilatérales de certains acteurs se réclamant fondateurs du mouvement ont contribué à durcir la grève.
À ces tensions internes se sont ajoutées, toujours selon le collectif, des interférences extérieures ayant davantage envenimé le climat, rendant toute avancée difficile.
La question des arrestations, point de crispation majeur
Autre sujet désormais indissociable de la crise éducative : l’arrestation des leaders syndicaux Marcel Libama et Simon Ndong Edzo. Les enseignants ont été catégoriques : aucune reprise des cours n’est envisageable sans leur libération. Une position que le médiateur ne rejette pas, lui qui avait publiquement estimé que ces interpellations ne constituaient pas une réponse adaptée à la crise scolaire.
Dans la société civile, les appels à la libération des deux syndicalistes se multiplient, renforçant la pression autour de ce dossier devenu hautement symbolique.
Des élèves pris en otage
En attendant l’ouverture effective des négociations et l’aboutissement de cette médiation, le système éducatif reste à l’arrêt. Les principaux perdants demeurent les élèves, confrontés à un calendrier scolaire profondément perturbé et à des programmes désormais compromis.
L’issue de la crise dépendra désormais de la capacité des différentes parties à transformer cette tentative de médiation en véritables négociations. Pour l’heure, l’école gabonaise reste suspendue à une équation politique, sociale et budgétaire dont la résolution tarde à se dessiner.
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