Grève des enseignants au Gabon : l’État joue la carte des régularisations pour désamorcer la crise
Libreville, Mercredi 25 Février 2026 (Infos Gabon) – À la veille d’une échéance jugée décisive par les syndicats, le gouvernement tente de rassurer.
Réunie le 23 février au ministère de l’Éducation nationale, la commission de suivi-évaluation du protocole d’accord signé avec les partenaires sociaux a fait le point sur l’état d’avancement des engagements pris envers les enseignants. Objectif : éviter un durcissement du mouvement social pour le 25 février.
Autour de la table, la ministre d’État chargée de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq, présidait les travaux en présence des représentants syndicaux, dont le mouvement SOS Éducation La Base.
Des chiffres avancés pour calmer les tensions
Au cœur des discussions : la régularisation de plusieurs centaines de situations administratives en suspens. Selon les données présentées, 205 enseignants bénévoles seraient concernés par un processus d’intégration, aux côtés de 45 enseignants issus de l’ENIL et de l’ENIF. À cela s’ajoutent 610 dossiers de régularisation administrative, censés être traités conformément aux engagements gouvernementaux.
Les autorités affirment avoir respecté le calendrier annoncé ces dernières semaines. « Les réalisations correspondent globalement aux attentes », a assuré Jean Jacques Bouka Bouka, directeur de la Solde, évoquant un dispositif prêt à être mis en œuvre.
Un retard qui fait grincer des dents
Un point continue toutefois de susciter des interrogations. Sur les 148 enseignants sortants de l’ENS et de l’ENSET qui devaient être intégrés en solde à la date du 25 février, seuls 20 le seront effectivement. En cause, selon l’administration, la transmission tardive de certains dossiers.
Le gouvernement promet un rattrapage dès le mois de mars, avec un « ajustement positif » du nombre d’enseignants concernés. Mais pour les syndicats, cette réduction drastique à l’approche d’une échéance sensible pourrait alimenter la méfiance.
Le 25 février, test de crédibilité
Cette date cristallise les attentes. Les enseignants, mobilisés depuis plusieurs semaines pour exiger l’application intégrale du protocole d’accord, conditionnent la suspension ou la poursuite de leur mouvement aux actes concrets observés sur les bulletins de solde.
Dans un contexte marqué par des tensions récurrentes dans le secteur éducatif, la crédibilité de l’État se joue désormais sur l’effectivité des paiements et la régularité des procédures administratives.
Cap sur le 25 mars
Au-delà de l’échéance immédiate, les regards sont déjà tournés vers le 25 mars, présenté comme le moment du rattrapage complet. Le gouvernement y voit l’occasion de solder les retards et de démontrer sa capacité à tenir ses engagements. Les syndicats, eux, attendent des preuves concrets.
Entre promesses chiffrées et attentes sociales fortes, la séquence qui s’ouvre pourrait déterminer l’évolution du climat dans les établissements scolaires. Pour des milliers d’élèves et leurs familles, l’enjeu dépasse les négociations administratives : il s’agit d’assurer la continuité d’une année scolaire déjà fragilisée.
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