Peine de mort au Gabon : SOS Prisonniers tire la sonnette d’alarme et dit non au retour en arrière
Libreville, Lundi 12 Janvier 2026 (Infos Gabon) – Alors que le débat sur un éventuel rétablissement de la peine de mort refait surface dans l’opinion publique gabonaise, l’organisation de défense des droits humains SOS Prisonniers Gabon monte au créneau. Dans une prise de position ferme, l’ONG rejette toute tentative de retour de la peine capitale, qu’elle qualifie de « cruelle, inefficace et fondamentalement injuste ».
Abolie officiellement par la loi n°3/2010 du 15 février 2010, bien que sa pratique ait cessé plusieurs années auparavant, la peine de mort fait aujourd’hui l’objet de discussions alimentées par la recrudescence des crimes violents. Pour SOS Prisonniers Gabon, cette tentation sécuritaire repose sur une illusion dangereuse.
Un droit fondamental remis en cause
Au cœur de l’argumentaire de l’ONG figure le droit à la vie, consacré par la Constitution gabonaise et par les instruments internationaux ratifiés par le pays. « Nul ne peut être privé de sa vie, même sous couvert de justice », rappelle l’organisation, estimant qu’une justice digne de ce nom ne peut se rendre coupable de l’acte qu’elle condamne.
Pour SOS Prisonniers Gabon, la peine de mort constitue une négation absolue de la dignité humaine et une rupture avec les principes fondamentaux de l’État de droit. « Elle ne répare rien, elle supprime », résume un membre de l’organisation.
L’irréversibilité, un risque majeur dans un système judiciaire fragile
L’un des points les plus sensibles soulevés par SOS Prisonniers Gabon concerne l’irréversibilité de la peine capitale. Dans un pays où les erreurs judiciaires ne peuvent être exclues, où les enquêtes souffrent parfois de manque de moyens et où la justice reste vulnérable aux pressions, rétablir une sanction définitive serait, selon l’ONG, « une irresponsabilité majeure ».
L’organisation s’interroge ouvertement : La police scientifique gabonaise dispose-t-elle aujourd’hui des moyens techniques nécessaires pour mener des enquêtes approfondies ? Les magistrats ont-ils accès aux ressources garantissant une justice pleinement équitable et indépendante ?
Autant de questions qui, pour SOS Prisonniers Gabon, demeurent sans réponses satisfaisantes.
Le vrai problème : l’impunité, pas l’absence de la peine capitale
L’ONG insiste : ce n’est pas l’abolition de la peine de mort qui bloque la justice au Gabon, mais bien l’impunité, le déficit de volonté politique et les dysfonctionnements structurels du système judiciaire.
Pour étayer son propos, SOS Prisonniers Gabon a pris le soin de citer quelques affaires emblématiques restées sans jugement.
« Pourquoi ces affaires n’ont-elles toujours pas abouti devant les tribunaux » ? interroge l’organisation, qui y voit la preuve que le problème réside dans l’application de la loi, et non dans la nature des peines prévues.
Une efficacité jamais démontrée
Sur le plan sécuritaire, SOS Prisonniers Gabon rappelle que l’inefficacité dissuasive de la peine de mort est largement documentée. Aucun lien direct et durable n’a été établi entre l’existence de la peine capitale et la baisse de la criminalité.
Pire encore, l’ONG souligne que certains pays qui maintiennent la peine de mort, notamment certains États américains, affichent des taux de criminalité plus élevés que ceux qui l’ont abolie. « La peur de la mort ne dissuade pas les actes commis dans la colère, le désespoir, sous l’emprise de drogues ou en situation de troubles mentaux », affirme l’organisation.
Un appel à la responsabilité des autorités
Face à la montée des discours favorables à un retour de la peine capitale, SOS Prisonniers Gabon appelle les autorités à résister à la tentation populiste et à privilégier des réponses structurelles : prévention de la criminalité, renforcement de l’indépendance de la justice, amélioration des enquêtes et respect strict de la dignité humaine.
« Ce que nous attendons, ce n’est pas une justice qui tue, mais une justice qui protège, y compris les plus vulnérables », martèle l’organisation.
En conclusion, SOS Prisonniers Gabon invoque une maxime lourde de sens : « La grandeur d’une nation se mesure à la manière dont elle traite ses plus faibles, même ceux qui ont failli. »
Sur cette base, l’ONG est catégorique. SOS Prisonniers Gabon dit non au retour de la peine de mort.
FIN/INFOSGABON/SO/2025
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