Vie chère au Gabon : le pouvoir d’achat des ménages gabonais à l’épreuve
Libreville, Mercredi 25 Février 2026 (Infos Gabon) – Entre hausse des prix alimentaires, loyers élevés et dépenses incompressibles en augmentation, la question du coût de la vie s’impose comme l’une des principales préoccupations sociales au Gabon.
Dans les marchés, les quartiers et les foyers, le sentiment d’un pouvoir d’achat en recul s’installe, nourrissant inquiétudes et stratégies d’adaptation au quotidien.
Le poids croissant de l’alimentation
Pour de nombreux ménages, l’essentiel du budget est désormais absorbé par les dépenses alimentaires. Produits importés comme le riz, le lait ou l’huile, mais aussi denrées locales, affichent des prix jugés élevés par les consommateurs.
Dans les marchés de Libreville et de l’intérieur du pays, les commerçants évoquent la hausse des coûts de transport, les difficultés d’approvisionnement et la dépendance persistante aux importations. Résultat : même les produits de première nécessité deviennent difficiles à intégrer dans les budgets les plus modestes.
Cette situation touche particulièrement les familles nombreuses et les travailleurs du secteur informel, dont les revenus restent irréguliers et vulnérables aux fluctuations économiques.
Logement et services : des charges incompressibles
Au-delà de l’alimentation, le logement constitue une autre source majeure de pression financière. Dans les grandes villes, les loyers absorbent une part importante des revenus, limitant la capacité des ménages à épargner ou à faire face aux imprévus.
À cela s’ajoutent les factures d’eau, d’électricité, de transport et de communication, devenues indispensables dans la vie quotidienne. Pour de nombreux citadins, ces dépenses fixes réduisent considérablement la marge de manœuvre budgétaire.
Face à ces contraintes, certains ménages multiplient les activités génératrices de revenus, tandis que d’autres réduisent leurs dépenses en santé, en éducation ou en alimentation, au risque de fragiliser davantage leur situation.
Des mesures publiques attendues
Les autorités ont engagé ces dernières années plusieurs actions visant à contenir la vie chère, notamment à travers le contrôle des prix de certains produits essentiels, des opérations de vente à prix réduits ou encore des exonérations ciblées. En témoigennt la liste de produits exonérés des taxes publiée récemment par le ministère de l’économie, suivie de la publication d’une merculiale de prix des produits de première nécessité.
Mais pour de nombreux observateurs, ces initiatives restent ponctuelles et peinent à produire des effets durables. La dépendance structurelle du pays aux importations, la faiblesse de la production locale et les coûts logistiques élevés continuent de peser sur les prix. Le démarrage éffectif des activités de la centrale d’achats pourra peut-être aténuer le choc, mais ne va pas résoudre le problème.
Dans ce contexte, le développement de l’agriculture nationale, le soutien aux circuits courts et l’amélioration des infrastructures apparaissent comme des leviers essentiels pour réduire la pression sur les consommateurs.
Une question sociale et économique majeure
Au-delà des chiffres, la question du pouvoir d’achat reflète une réalité sociale plus large : celle d’une population confrontée à l’écart croissant entre revenus et coût de la vie.
Dans un contexte de relance économique et de réformes structurelles, l’amélioration des conditions de vie reste un enjeu central. Car pour de nombreux Gabonais, la reprise économique ne prendra tout son sens que si elle se traduit concrètement dans le panier de la ménagère.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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