Gabon : Un CND « fourre tout » ou « conseil des sages »
Libreville, 25 janvier 2013 (Infos Gabon) – Le chef de l’Etat gabonais, Ali Bongo Ondimba, a orienté les axes de la concertation politique en cours à Libreville sur la biométrie, le CND et la CEMAC. C’était au cours d’une réunion le 22 janvier dernier à la cité de la démocratie, à laquelle ont pris part les acteurs politiques de la majorité et de l’opposition gabonaises.
A l’observation les intérêts des acteurs politiques réunis en ce moment sont davantage rivés vers le Conseil National de la Démocratie (CND).
L’opposition semble y voir un juteux échappatoire à leurs échecs aux joutes électoraux ; car tous les bords de ce camp politique entrevoient un CND qui serait une sorte d’assemblée des forces vives de la société gabonaise sans exclusive.
Ainsi l’UFA de Jules Aristide Bourdes Ogouliguendé (JABO) parle d’un CND qui accueillerait en son sein tous les acteurs de la démocratie gabonaise sans exclusive ; ce qui s’apparenterait à une assemblée populaire du type des démocraties populaires matériellement irréalisables (Libye de Kadhafi ; Burkina Faso de Sankara)
L’UFC de Me Louis Gaston MAYILA n’en est pas loin, lorsqu’il propose un CND qui serait une structure thermomètre de la démocratie gabonaise, élevée au rang constitutionnel ou de corps constitué ; on imagine les traitements qu’auraient ses membres !
Quant à M. MOUSSAVOU KING et son groupe, leur position est aussi celle d’un CND qui réunirait en son sein, les acteurs politiques, les acteurs de la société civile, les femmes et les jeunes ; ce qui est proche du modèle de JABO d’une sorte d’assemblée populaire.
Jusque là aucun camp de l’opposition n’a dit comment seraient désignés les représentants de ces forces vives du pays qui intégreraient le CND : est-ce par l’élection, la nomination ou la cooptation ?
Une chose est sûr, l’opposition milite pour une CND qui serait une assemblée représentative de toutes les couches de la société démocratique gabonaise ; ce qui serait un véritable gageur, voire une utopie car ce serait une institution « fourre tout » ; partis politiques, associations apolitiques, les médias, ONG, femmes, jeunesse, etc… ; de plus une pareille institution serait une lourde charge au budget de l’Etat consacrée au seul débat politique !
En outre, une telle assemblée ferait double emploi avec des institutions déjà existantes : le parlement (lieu du débat entre partis politiques) ; le CES (lieu du débat entre acteurs de la société civile) ; le CNC (débat sur le fonctionnement des médias) ; le Conseil National de la Jeunesse (CNJ, lieu du débat sur les problèmes de la jeunesse).
Tout ceci pour dire qu’en souhaitant un CND « fourre tout » et « pléthorique », l’opposition pourrait bien chercher à se caser tout simplement sans devoir peiner d’affronter des joutes électorales dont ses résultats de ces derniers temps sont gravement en déclin et en cela inquiétant ; elle sait que la biométrie n’y changerait pas grand chose pour la simple raison que l’opposition actuelle n’a pas un projet de politique générale du développement économique, social et culturel du Gabon et des gabonais.
Par contre, au vu des querelles de leadership, des guerres de succession, des scissions, du manque de civisme militant et des disfonctionnements des partis politiques qui ont jalonné l’évolution de la démocratie gabonaise (caciques-appelistes-rénovateurs du PDG ; RNB-RPG ; PGP ; UPG ; APSG etc..), il serait intéressant qu’après plus de 20 ans d’expérience de la démocratie, les partis et hommes politiques qui ont fait leurs preuves de longévité politique ou de mémoire vivante de la démocratie gabonaise, dans l’opposition comme dans la majorité se retrouvent au sein d’un « conseil des sages » qui servirait de conseil à la pléthore de partis politique que compte le Gabon ; en plus de leur faire des propositions de règlement des querelles intestines ; et de les conduire à des dynamiques et des regroupements idéologiques comme en France..
FIN/INFOSGABON/PK/MM/2013
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