Economie

Financement : Le FMI accorde plus de 60 milliards de francs CFA au Gabon

Libreville, Vendredi 22 Décembre 2017 (Infos Gabon) – Ce montant représente le deuxième décaissement au titre de l’accord triennal élargi approuvé le 19 juin dernier par l’institution de Bretton Woods en faveur du pays d’Ali Bongo Ondimba.

Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) vient de boucler la première revue de l’accord élargi conclu avec le Gabon au titre du mécanisme élargi de crédit. Il a ainsi décidé du décaissement de 101,1 millions de dollars, soit plus de 60 milliards de francs CFA. Ce qui va porter le total des montants décaissés jusqu’à présent à Libreville dans le cadre dudit accord à 142,860 millions de dollars, soit plus de 85 milliards de francs CFA.

D’un montant global de 642 millions de dollars, soit plus de 385 milliards de francs, l’accord triennal élargi en faveur du Gabon a été approuvé le 19 juin dernier. Celui-ci vise à assurer la stabilité macroéconomique et à poser les bases d’une croissance durable. Il entend également veiller à la viabilité de la dette au niveau national et de contribuer à rétablir et préserver la stabilité extérieure de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).

Selon le communiqué final des travaux, «la situation économique du Gabon demeure délicate, mais certains signes laissent entrevoir un retournement de la tendance descendante. L’assainissement budgétaire contribue à l’ajustement extérieur et aide à maîtriser l’endettement public, mais il est nécessaire de réduire davantage le déficit».

Au terme de la première revue, l’institution dirigée par Christine Lagarde a approuvé la demande du Gabon en faveur d’une dérogation pour non-observation du critère de réalisation continu relatif au plafond pour l’accumulation de nouveaux arriérés extérieurs de paiement par l’administration centrale.

Dans le camp des bailleurs de fonds, l’on se réjouit des performances enregistrées jusqu’ici par le Gabon dans un contexte de crise particulièrement tendu. «Les résultats obtenus par le Gabon dans le cadre du programme ont été globalement satisfaisants. Bien que la situation économique demeure délicate, certains signes laissent entrevoir un retournement de la tendance descendante. En 2017, la production pétrolière sera vraisemblablement inférieure aux prévisions, d’où une légère révision à la baisse du taux de croissance, de 1 % à 0,8 %. Cependant l’activité dans les autres secteurs de l’économie se stabilise. La croissance devrait connaître un rebond en 2018 grâce au redressement des cours du pétrole, à la vigueur des autres matières premières et au renforcement de la confiance du secteur privé», a souligné Tao Zhang, directeur général adjoint et président par intérim au terme des délibérations du Conseil d’administration sur le Gabon.

D’après lui, l’assainissement budgétaire appuie l’ajustement extérieur et contribue à maîtriser l’endettement public. Il recommande à cet effet une réduction du déficit pour placer la dette sur une trajectoire résolument descendante et pour commencer à épargner une partie des recettes pétrolières du pays afin de renforcer la résilience face aux chocs.

«Des marges de manœuvre plus amples permettraient en outre d’atténuer les considérables risques qui pèsent à court terme sur le plan de redressement économique du Gabon, dont ceux liés à la volatilité des recettes pétrolières», a-t-il poursuivi.

Pour le directeur général adjoint et président par intérim, «les autorités devraient s’employer à mobiliser les recettes non pétrolières, qui ont chuté à des niveaux historiquement bas. Le repli s’explique certes en partie par les retombées négatives du choc pétrolier et des mouvements de grève des agents des impôts, mais les autorités ont besoin d’accélérer les réformes pour réduire le recours excessif aux exonérations fiscales ad hoc, et corriger les faiblesses de l’administration fiscalo-douanière».

Gestion rigoureuse des finances publiques et poursuite de la diversification de l’économie

Parmi les autres recommandations fortes formulées par le FMI au Gabon, figure la rigueur dans la gestion des finances de l’Etat. Selon l’institution de Bretton Woods, les autorités gabonaises devraient notamment renforcer la gestion de trésorerie à court terme et la prévision des liquidités, en particulier pour éviter toute nouvelle accumulation d’arriérés qui risqueraient d’ébranler la confiance dans la reprise économique.

«Il convient en outre de mener des réformes pour améliorer le suivi des dépenses liées aux programmes sociaux essentiels, afin de veiller à ce que le poids du rééquilibrage budgétaire ne repose pas de manière disproportionnée sur les couches de population les plus vulnérables», indique Tao Zhang.

Le FMI reste également convaincu de ce que pour poursuivre la diversification de l’économie, il faudra un secteur financier capable d’accompagner ce processus. «Des mesures énergiques doivent être prises pour mener à terme la résolution des trois banques publiques en difficulté, tout en réduisant dans toute la mesure du possible les coûts budgétaires (…) Le programme du Gabon repose sur la mise en œuvre, par les institutions régionales, de politiques et réformes d’accompagnement, dont le durcissement de la politique monétaire, l’élimination des avances statutaires, une réglementation et supervision avisées du secteur bancaire, et des contrôles stricts dans l’octroi de crédit aux banques», a-t-il conclu.

FIN/INFOSGABON/PM/2017

Copyright Infos Gabon

Related Posts

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *