Politique

Corruption au Gabon : Minlama Mintogo brise le silence

Libreville, Vendredi 21 Décembre 2018 (Infos Gabon) – Le président d’Ensemble pour la République fustige les multiples tares qui plombent le développement du pays.

On le connait droit dans ses bottes, doté d’un franc-parler et véridique dans le verbe lorsqu’il faut disserter sur les sujets qui fâchent. Après plusieurs mois de silence, Dieudonné Minlama Mintogo s’arme à nouveau de sa plume pour inviter les Gabonais à ouvrir grands les yeux sur un mal qui ronge à petit feu le pays depuis des décennies. Dans une tribune libre intitulée : «La corruption ou le mal gabonais !», relayée par La loupe le président d’Ensemble pour la République (EPR), fait un diagnostic sans complaisance de cette tare qui plombe tous les secteurs d’activités et compromet le projet d’un «Gabon émergent en 2025»,  cher au président Ali Bongo Ondimba.

L’homme s’inspire de quelques rappels historiques puisés dans les différentes adresses à la nation de feu le président Omar Bongo Ondimba pour montrer à quel point le mal est assez profond un demi-siècle plus tard. Le dernier rapport de la Cour des comptes allant de la période de 2011 à 2018 est davantage une source d’inspiration qui l’amène à sortir de ses gongs. Le texte révèle pêle-mêle les errements et les insuffisances des gestionnaires de la fortune publique.

De l’absence des pièces justificatives à l’appui des restes à recouvrer, des annulations, des dégrèvements et d’admissions en non-valeurs en passant par la non justification des régies d’avance; l’absence des pièces justificatives adéquates et la gestion occulte des recettes minières et des produits pétroliers, etc, le tableau est assez sombre. Pour Dieudonné Minlama Mintogo, «autant d’irrégularités qui ont fait perdre à l’Etat plusieurs centaines de milliards de francs CFA, retarder et voire compromettre la mise en oeuvre d’importants projets de développement».

Face à ce constat alarmant, il demande : «que fait la Commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite, créée en 2002 pour traquer les grands criminels financiers?» D’après le président d’EPR, après quinze années d’existence son bilan est peu élogieux. «Très peu de choses ou presque que rien! En mars 2017, en guise de bilan, 15 ans après sa création, la Commission dit avoir enquêté, en tout et pour tout, sur sept (7) cas : un (1) a été abandonné, deux (2) restent en instruction et quatre dossiers bien ficelés ont été transmis au Procureur pour action publique. Rien que ça!», s’offusque-t-il.  

«Avec si peu de résultats, n’est-il pas arrivé le temps de dissoudre cette Commission, une institution budgétivore et inutile de plus et passer à autre chose?», s’interroge-t-il.  Sur les ruines de cette Commission, il propose la création de la Commission nationale d’éthique. Pour lui, «à la différence de la Commission actuelle dont les règles de fonctionnement et de saisine restent inconnues du grand public, la Commission nationale d’éthique, dans les pays où elle existe, est accessible à tous les citoyens du pays. En effet, tout citoyen peut saisir cette commission et dénoncer les cas de corruption dont il est témoin».

Ironie du sort, le Gabon reste classé 101e/176 des pays les plus corrompus. «Entre temps, Mamba est passé par là, mais le reptile semble déjà essoufflé et le développement continue à se faire attendre ! En clair : mettre un terme, de façon définitive, à la culture de l’impunité, qui semble devenir banale dans la gestion de la chose publique, constitue, à mes yeux, un impératif patriotique et républicain. La Cour des Comptes a fait son travail. Les responsables de ces détournements sont identifiés et connus au gouvernement et aux institutions judiciaires habilitées de prendre aussi leur part de responsabilité», conclut-il.

FIN/INFOSGABON/PM/2018

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