Alerte à une épidémie à bord d’un bateau à Port-Gentil : La situation est sous contrôle
Libreville, Jeudi 31 Octobre 2019 (Infos Gabon) – Un rapport d’enquête épidémiologique dresse un état des lieux de la situation et rassure l’opinion sur les mesures prises pour parer à toute éventualité. Malgré le décès du capitaine à bord.
On en sait désormais un peu plus sur la suspicion d’épidémie à bord d’un bateau à Port-Gentil qui a défrayé la chronique il y a quelques jours au Gabon. Un rapport d’enquête épidémiologique de la Coordination de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) rendu public mardi conclut au «décès du capitaine du bateau ainsi que de l’hospitalisation de son adjoint en service de réanimation à l’hôpital régional Tchemgue. La nature et l’origine de l’évènement suspecté semblent inconnues».
Selon l’OMS, le but de l’évaluation était de détecter les preuves de l’existence ou pas d’une source de contamination ou d’un foyer infectieux pouvant générer les risques de santé publique ayant occasionné la survenue des cas de maladies non identifiées à bord d’un navire sur les côtes gabonaises à Port-Gentil.
Des citoyens de plusieurs nationalités à bord
Dans un rappel détaillé des faits, il ressort le décès de ce dernier est survenu en date du 25 octobre 2019 à 5h43 à bord du navire SANDRA TIDE port –villa IMO 9286750, battant pavillon libérien et l’hospitalisation de son adjoint en service de réanimation de l’hôpital Tchemgue reste toujours dans le coma sous assistance respiratoire à Port Gentil. De type Crew Boat, le SANDRA TIDE, destiné à l’approvisionnement des plateformes pétrolières, est parti de Douala le 21 octobre 2019 pour rallier Pointe-Noire au Congo, avec à son bord huit (8) membres d’équipage dont le capitaine et son adjoint de nationalité philippine, cinq (5) de nationalité camerounaise et un (1) ghanéen.
«Le 22 octobre, la tour de contrôle de Douala perd le contact avec le bateau, ce dernier est orienté par la tour de contrôle de Pointe-Noire vers les eaux gabonaises suite à un signal de détresse perçu. Le bateau ayant perdu le contrôle total se retrouve à proximité d’un site d’exploitation pétrolière de la compagnie Perenco qui croyant à un acte de malveillance ou de piraterie a alerté la marine nationale pour une intervention d’urgence qui aura lieu le 24 octobre. Une fois à bord du navire la marine nationale constate la présence de deux malades graves, va décider de leur transfert vers une structure de soins à l’occurrence le Centre hospitalier régional de Tchemgue, après avoir transité dans une clinique privée «MANDJI» qui n’ayant pas de service de réanimation va orienter les malades vers l’hôpital régional. Le capitaine décèdera le 25 octobre à 5h43 du matin», apprend-on du rapport.
Une mobilisation tous azimuts
Il ressort du rapport qu’aussitôt alertées de la situation, le gouvernement gabonais et ses différents partenaires se sont mobilisés pour y faire face. A l’initiative du ministère de la Santé, une équipe médicale d’intervention rapide a été dépêchée sur Port Gentil pour procéder à une évaluation initiale, à des réunions de coordination et à des actions pertinentes. Notamment le confinement, la prise en charge des malades, l’identification des cas contacts, les prélèvements et la désinfestation du navire.
Cette mobilisation a conduit à une surveillance épidémiologie, à une prise en charge des patients, à des prélèvements biologiques, à des travaux d’hygiène et d’assainissement. A ce jour, le document mentionne une évolution favorable de l’état de santé physique des trois malades évacués du navire le 27 octobre 2019.
«Leurs paramètres vitaux sont normaux (TA, T*, FC, FR). Ils s’alimentent normalement, aucun symptôme, leurs examens biologiques de routine sont normaux», relève le rapport. L’on y apprend également que, outre les 50 cas contacts répertoriés, 10 nouveaux cas contacts ont été rapportés et identifiés dont 9 de la marine nationale et 1 de la clinique MANDJI, ramenant à 60 le nombre de cas contact à ce jour.
«Tous ne développant aucun symptôme présentés par les malades», poursuit le texte.
Cependant, le document souligne que le médecin de garde de la clinique MANDJI ayant réceptionné en premier les 2 malades philippins emmenés par la marine nationale, relève que durant son bref interrogatoire fait auprès de l’adjoint du commandant, ce dernier aurait affirmé ce qui suit : « ils nous ont forcé à boire un produit, et après le commandant est tombé».
Au regard de ce qui précède, le gouvernement et ses partenaires ont pris un train de mesures pour éviter toute contamination. Celles-ci portent sur l’organisation d’une rencontre de sensibilisation, sous l’égide du gouverneur à l’endroit des chefs de quartiers et leaders communautaires afin de réduire l’impact des rumeurs; le maintien du suivi des cas contacts et l’élargissement de la recherche; la rédaction et la diffusion d’une note de rappel d’information à l’endroit des centres de santé pour application des mesures de prévention des infections; le renforcement de la sécurité autour des salles d’isolement des malades; l’acheminement des échantillons biologiques du malade comateux afin de procéder à leur analyse toxicologique.
FIN/INFOSGABON/SM/2019
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