Gabon : Brice Laccruche Alihanga victime de maltraitance, selon ses avocats
Libreville, Jeudi 2 Janvier 2020 (Infos Gabon) – Les conseils de l’ancien directeur de cabinet du président Ali Bongo Ondimba fustigent les mauvaises conditions de détention de leur client.
A la faveur d’une conférence de presse donnée mercredi 1er janvier 2020 à Libreville, les avocats de Brice Laccruche Alihanga ont tenu à faire le point sur les conditions de détention de l’ancien directeur de cabinet du président Ali Bongo Ondimba.
«À la suite de la théâtralisation humiliante et infamante de son arrivée à la prison centrale de Libreville la nuit du 13 au 14 décembre 2019, Monsieur Brice LACCRUCHE ALIHANGA a immédiatement été placé en cellule d’isolement. Cette détention cellulaire est ordinairement réservée aux sanctions disciplinaires en milieu carcéral à la prison de Libreville et de façon extraordinaire, l’isolement est affecté aux détenus politiques», souligne la défense.
D’après celle-ci, «l’isolement est assimilable à de la torture en l’espèce, car Monsieur ALIHANGA est entassé avec deux autres détenus dans une cellule de moins de 9m2 aux murs sales et couverts de moisissure, sans eau, et avec un trou en guise de toilettes, ne garantissant aucune intimité».
D’après les conseils, le prévenu qui partage cette pièce avec d’autres détenus ne jouit d’aucune intimité et est confronté à des senteurs suffocantes.
«Tout est fait aux yeux des autres, les odeurs, les discussions et l’absence d’aération empêchent de dormir. Il règne dans la cellule une odeur nauséabonde en raison des excréments qui partagent l’espace exigu, sans compter la prolifération des cafards et autres insectes.Au-delà de la surpopulation qui n’est plus adaptée à la structure, il y a une volonté délibérée d’humilier et de torturer Monsieur ALIHANGA», poursuivent les avocats.
Ces derniers se demandent pourquoi et comment une personnalité de ce rang a-t-elle pu se retrouver dans un tel endroit alors que des quartiers réservés aux hommes de sa catégorie existent pourtant ?
«Sinon, comment expliquer que, dans un milieu carcéral où existe un quartier affecté aux fonctionnaires, y soit admis tout le monde sauf celui qui a occupé la haute fonction de directeur de cabinet du Président de la République ? Cette pratique dramatique, dénoncée au ministre de la Justice, est en parfaite contradiction avec les engagements nationaux et internationaux du Gabon notamment les principes fondamentaux relatifs au traitement des détenus adoptés le 14 décembre 1990 tendant à l’abolition du régime cellulaire…», dénoncent-ils.
Eu égard à ces traitements inhumains, les avocats de M. Alihanga tiennent à prendre à témoin l’opinion nationale et internationale «sur les conséquences incalculables que ces conditions de détention auront assurément sur Monsieur LACCRUCHE qui, depuis quelques jours, présente une affection dermatologique visible à l’œil nu et souffre d’une otite dont il a du mal à être soulagé».
FIN/INFOSGABON/SM/2020
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