Incident de Perenco Gabon : Le temps des enquêtes
Libreville, Vendredi 5 Avril 2024 (Infos Gabon) – Le drame qui a secoué la plateforme Becuna, exploitée par le pétrolier Perenco Oil et Gas Gabon mérite des éclaircissements.
Syndicats, gouvernement, la justice et populations veulent savoir les causes exactes de l’incident survenu dans le site offshore de Tchatamba qui a fait 5 morts et un disparu. C’est le sens des opérations d’enquêtes administratives et techniques lancées le 2 avril par la Direction Générale des Hydrocarbures (DGH).
Selon le gouvernement, ces enquêtes permettront de “comprendre ce qui s’est réellement passé et prendre des mesures à étendre sur l’ensemble d’autres plateformes pour éviter de tels incidents à l’avenir”. L’annonce est du ministère du pétrole à l’issue d’une réunion de mise au point présidée mercredi dernier par le ministre du pétrole et du gaz, Marcel Abeké.
Cette enquête du ministère du pétrole, rappelons-le, fait suite à l’enquête judiciaire ouverte par le procureur de la république, appuyée déjà par des équipes techniques de la DGH et une autre en cours déjà diligentée par la société Perenco.
Si au ministère du pétrole, l’on promet que les conclusions de ces trois enquêtes feront l’objet d’une communication ultérieure, la position des syndicalistes est radicale.
Le coupable
L’organisation nationale des employés du pétrole (ONEP) semble déjà désigner le coupable, qui n’est autre que Perenco. A en croire l’ONEP, la tragédie survenue à Becuna le 20 mars dernier pourrait avoir été déclenchée suite à une série de défaillances techniques et humaines.
“La perte de contrôle sur un puits éruptif, souligne un manquement critique dans les mécanismes de sécurité principaux”, indique-t-on à l’ONEP. Pis, ce phénomène combiné à l’inadéquate de l’équilibre hydrostatique avec l’injonction de l’eau de mer et l’ajout d’additifs aurait exacerbé la situation.
Toujours sur cette liste des négligences, l’ONEP dénonce l’utilisation problématique des blocs d’obturation “Blow Out Preventer” (BOP)essentiels pour contrer les éruptions.
Selon elle, outre la lenteur des procédures de sécurisation des puits, au moment de l’accident, il y a également la mauvaise gestion des procédures d’urgence, notamment le retard pris dans la décision de former les blocs d’obturation, en attente d’autorisation, ce qui aurait laissé un laps de temps crucial sans cation effective pour contrer la menace.
De plus, la présence de matériel thermique à proximité de la tête du puits aurait servi de point d’ignition pour l’explosion, une erreur manifeste dans la gestion des risques sur la plateforme.
S’agissant de la dimension humaine, l’hésitation des travailleurs, surtout ceux en position précaire à exercer leur droit de retrait face à un danger imminent, est une tragique illustration de la peur du chômage qui peut primer sur la sécurité personnelle.
Comme on le voit, cet accident de Becuna se présente comme un rappel des risques inhérents aux exploitations offshores. Une investigation approfondie est donc nécessaire pour déterminer d’autres fautes, et veiller à ce que les leçons soient apprises pour éviter que surviennent d’autres tragédies.
Il est donc impératif de redéfinir les priorités vers plus de sécurité, de responsabilité et d’humanité tels que relevé par les autorités de la transition en commun accord avec les responsables de Perenco Oil and Gas Gabon. Vivement que les enquêtes en cours aboutissent pour éclairer tout le monde.
FIN/INFOSGABON/SM/2024
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