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Gabon : appel au calme après les polémiques post-électorales

Libreville, Mercredi 8 Octobre 2025 (Infos Gabon) – Alors que les débats s’enflamment dans la sphère politique gabonaise depuis les élections législatives et locales du 27 septembre dernier, la voix de Télesphore Obame Ngomo, ancien conseiller spécial du président de la République, se veut celle de la raison.

Dans une tribune publiée ce mercredi, il appelle à « arrêter le vacarme injustifié » autour des résultats électoraux, rappelant que le chef de l’État n’a ni le pouvoir ni l’intention d’annuler les scrutins.

Selon l’ancien Chef du département communication de la Présidence de la République, seule la Cour constitutionnelle détient la compétence légale pour se prononcer sur la validité des élections. « Aucune disposition ne confère au président de la République le droit d’annuler un scrutin », écrit-il, précisant que tout recours doit être déposé « dans les formes prescrites par la loi ».

Une montée des tensions politiques

Depuis plusieurs jours, de nombreux acteurs politiques et militants s’interrogent sur la régularité du processus électoral, pointant du doigt le ministère de l’Intérieur, organisateur du scrutin. Une situation que Télesphore Obame Ngomo juge « absurde » et « injuste », rappelant que cette organisation par l’administration découle des décisions issues du dialogue politique d’Angondjé, tenu en avril 2024.

« Ceux qui ont participé à ce dialogue doivent assumer leurs choix », insiste-t-il, soulignant que le ministre de l’Intérieur, Hermann Immongault, n’a fait qu’appliquer les dispositions issues de ce consensus politique. Pour lui, les critiques actuelles relèvent d’une « inconséquence politique » et d’une « forme de sorcellerie politique » qui menace la cohésion nationale.

Entre mémoire politique et appel à la responsabilité

L’ancien conseiller présidentiel invite à replacer les débats dans une perspective historique. Il rappelle que les institutions électorales, nées des combats politiques des décennies précédentes — de la CNE à la CENAP, puis au CGE — ont toujours été le fruit de compromis arrachés dans la douleur.

« Chaque époque a ses défis, mais la politique ne se fait pas dans les émotions », souligne-t-il, citant les figures historiques du pluralisme gabonais comme Oyono Aba’a, Agondjo Okawe ou encore Mamboundou Mamboundou.

Selon lui, la polémique actuelle traduit un manque de mémoire collective : « Les mêmes causes produisent les mêmes effets », observe-t-il, appelant les Gabonais à « être un peu sérieux » dans leur analyse des événements.

Un plaidoyer pour l’État de droit

Sur le fond, Télesphore Obame Ngomo en appelle au respect des institutions. Pour lui, le droit électoral gabonais, aussi perfectible soit-il, reste le socle de la stabilité du pays. Ceux qui contestent les résultats sont invités à saisir la Cour constitutionnelle, présidée par Dieudonné Aba’a Owono, seul juge de la transparence électorale.

« Ce n’est pas Mborantsuo qui a inventé l’irrecevabilité en droit constitutionnel », ironise-t-il, en référence à l’ancienne présidente de la Cour.

L’auteur fustige par ailleurs l’hypocrisie de certains acteurs politiques, qu’il accuse de chercher à instrumentaliser le chef de l’État. Il dénonce une « collection d’opportunistes » qui, selon lui, veulent pousser Brice Clotaire Oligui Nguema à poser des actes « démesurés », tels que l’annulation pure et simple du scrutin.

« Partout dans le monde, l’État de droit repose sur la loi. Il ne peut en être autrement au Gabon », insiste-t-il.

Un avertissement à la classe politique

Télesphore Obame Ngomo appelle enfin à un retour à la raison et au sens républicain. À ses yeux, la paix sociale et la crédibilité de la transition dépendent d’un respect scrupuleux des règles fixées collectivement.

« Que les acteurs politiques apprennent à crier pour la République, pas pour leurs propres intérêts », exhorte-t-il, estimant que la période actuelle doit être celle de la lucidité et non de la démagogie.

En conclusion, il rappelle que le président Oligui Nguema n’a pas trahi ses engagements en matière de transparence électorale, et que les institutions compétentes existent pour trancher les contentieux.

« De la présidence à la Cour constitutionnelle, il n’y a qu’un pas à faire », écrit-il avec ironie. « Pas besoin d’un vol Air France pour y arriver. »

FIN/INFOSGABON/SO/2025

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