Gabon : Harold Leckat recouvre la liberté après trois semaines de détention
Libreville, Samedi 8 Novembre 2025 (Infos Gabon) – Le directeur de publication de Gabon Média Time, Harold Leckat, a été remis en liberté vendredi en début de soirée, a annoncé l’ONG SOS Prisonniers Gabon. Cette libération met fin à plus de trois semaines de détention préventive, dans une affaire qui avait suscité une vive émotion au sein du monde médiatique et relancé le débat sur la liberté de la presse au Gabon.
Un dossier judiciaire au retentissement national
Poursuivi pour escroquerie et passation illégale de marchés publics, Harold Leckat avait été interpellé le 15 octobre à l’aéroport international Léon Mba, alors qu’il rentrait d’un séjour de formation en France. Selon la plainte déposée par la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), le journaliste aurait été impliqué dans un contrat de communication jugé irrégulier.
Après plusieurs jours de garde à vue à la Direction générale des recherches (DGR), il avait été placé sous mandat de dépôt le 20 octobre 2025 par un juge d’instruction.
Si la procédure judiciaire suit toujours son cours, la libération du journaliste est saluée comme un geste d’apaisement et un signal positif pour le climat démocratique. Plusieurs organisations de la société civile, des associations professionnelles et des voix de la diaspora s’étaient élevées ces dernières semaines pour demander sa libération, dénonçant des méthodes qu’elles jugeaient disproportionnées au regard des faits reprochés.
Une affaire à la croisée de la justice et de la liberté d’informer
L’arrestation de Harold Leckat avait provoqué un véritable électrochoc dans la presse gabonaise. De nombreux journalistes y avaient vu une atteinte à la liberté d’expression, alors même que le pays cherche à refonder ses institutions et à restaurer la confiance entre les citoyens et les médias. Des appels à la retenue et au respect de la procédure avaient été lancés par plusieurs acteurs politiques et syndicaux, rappelant l’importance de préserver un équilibre entre indépendance judiciaire et liberté d’informer.
Si la présomption d’innocence demeure de rigueur, les observateurs notent que cette affaire intervient dans un contexte de réforme profonde du paysage médiatique et de volonté affichée du gouvernement de promouvoir un journalisme responsable et transparent. Pour beaucoup, la libération du patron de Gabon Média Time marque est un tournant symbolique, traduisant une volonté de privilégier le dialogue et l’apaisement.
Un message d’espoir pour la presse gabonaise
Dans les milieux journalistiques, la nouvelle de sa remise en liberté a été accueillie avec un mélange de soulagement et de prudence. “C’est une victoire pour la justice et pour la liberté de la presse”, a réagi un confrère. “Mais il faut que ce cas nous pousse à réfléchir collectivement à la place du journaliste dans une société en mutation.”
La situation d’Harold Leckat, à la fois professionnelle et judiciaire, continue d’être suivie de près par les défenseurs des droits humains. Au-delà de son cas personnel, elle met en lumière les fragilités structurelles du secteur de la communication au Gabon, partagé entre exigence de rigueur et pressions économiques.
En définitive, la libération du directeur de Gabon Média Time apparaît comme un pas vers l’apaisement dans un climat de tension entre justice et liberté d’expression. Elle rappelle que, dans une démocratie en construction, la presse demeure un pilier essentiel du débat public, qui est à la fois vigie, contre-pouvoir et actrice du changement.
FIN/INFOSGABON/SO/2025
Copyright Infos Gabon

















