Afrique Politique

Union africaine : fermeté contre les putschs, appel à l’unité face aux crises du continent

Libreville, Lundi 16 Février 2026 (Infos Gabon) – Réunis samedi à Addis-Abeba pour la 39ᵉ session ordinaire de l’Assemblée des chefs d’État et de gouvernement, les dirigeants africains ont ouvert leurs travaux dans un climat international tendu, marqué par la multiplication des conflits, les rivalités géopolitiques et l’affaiblissement des mécanismes de coopération internationale.

Dès l’ouverture du sommet, le président sortant de l’Union africaine, João Lourenço, a donné le ton. Dans une déclaration sans ambiguïté, le chef de l’État angolais a réaffirmé la ligne de fermeté de l’organisation continentale, annonçant une politique de « tolérance zéro » à l’égard des changements de pouvoir anticonstitutionnels. Une position qui traduit la volonté de l’UA de lutter contre l’instabilité politique récurrente et de défendre l’ordre constitutionnel sur le continent.

Cependant, la réalité des transitions politiques en cours a également rappelé la complexité de la situation. La participation au sommet de dirigeants issus de régimes militaires, notamment en Guinée et au Gabon, illustre le choix de l’organisation de privilégier le dialogue afin d’accompagner un retour progressif à l’ordre civil, sans rompre les liens institutionnels avec les États concernés.

La question sécuritaire a occupé une place centrale dans les discussions. Entre l’expansion des groupes armés terroristes dans la région du Sahel et la persistance des violences dans l’est de la République démocratique du Congo, les chefs d’État ont souligné l’urgence d’une réponse collective. Nouveau président en exercice de l’Union africaine pour un mandat d’un an, le chef de l’État burundais Évariste Ndayishimiye a insisté sur la nécessité d’une coopération renforcée, évoquant le déploiement de forces d’interposition et la mise en œuvre de véritables programmes de désarmement.

Au-delà des enjeux sécuritaires et politiques, le sommet a également pris une dimension mémorielle et symbolique. Les dirigeants africains ont réaffirmé leur position sur la reconnaissance de la colonisation comme crime contre l’humanité, tout en exprimant leur solidarité avec le peuple palestinien. Dans la même dynamique, une initiative est en préparation aux Nations unies pour faire reconnaître la traite transatlantique des Africains comme l’un des crimes les plus graves de l’histoire de l’humanité.

Ces prises de position traduisent une volonté de défendre la dignité du continent sur la scène internationale. Mais pour de nombreux observateurs, la portée de ces engagements dépendra avant tout de la capacité des États membres à agir de manière concertée.

Car au-delà des condamnations des coups d’État militaires, plusieurs voix estiment que la stabilité politique en Afrique passe aussi par la résolution des causes profondes des crises : respect des droits fondamentaux, gouvernance inclusive et prévention des dérives institutionnelles. Autant de défis qui conditionnent la crédibilité et l’efficacité de l’Union africaine dans les années à venir.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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