FEGAFOOT : course à la présidence sous tension, entre continuité contestée et appels au renouveau
Libreville, Jeudi 19 Mars 2026 (Infos Gabon) – À un mois d’un scrutin décisif pour l’avenir du football gabonais, la course à la présidence de la Fédération gabonaise de football (FEGAFOOT) s’annonce plus disputée, et plus polémique, que jamais.
Quatre prétendants ont officiellement déposé leurs dossiers avant la date limite du 18 mars 2026. Mais derrière cette pluralité de candidatures, c’est surtout la question de la gouvernance et de la longévité au pouvoir qui cristallise les débats.
Quatre prétendants, une seule certitude : rien n’est encore joué
Ils sont donc quatre à briguer la tête de l’instance dirigeante du football au Gabon. Parmi eux, Pierre Alain Mounguengui, figure centrale du paysage footballistique national depuis plus d’une décennie. À ses côtés, Axel Nguema Edou, Darnaud Essia Ndong et Christian Gabin Nzogho Mintsa complètent la liste des prétendants.
Toutefois, à ce stade, aucun d’eux ne peut encore se prévaloir du statut officiel de candidat. Leurs dossiers doivent d’abord passer l’épreuve du contrôle de conformité mené par la commission électorale, composée de magistrats chargés de garantir la régularité du processus.
Déjà, plusieurs sources évoquent des dossiers incomplets, susceptibles d’entraîner des invalidations. Un premier filtre qui pourrait rebattre les cartes avant même l’ouverture de la campagne.
Mounguengui, favori solide mais contesté
S’il y a un candidat qui semble partir avec une longueur d’avance, c’est bien le président sortant. Pierre Alain Mounguengui bénéficierait d’un soutien massif au sein du collège électoral.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : une large majorité des clubs de première division, des ligues provinciales et des associations affiliées lui auraient accordé leur parrainage, condition indispensable pour valider une candidature. Une dynamique qui le place en position de favori pour un quatrième mandat.
Mais cette domination apparente ne fait pas l’unanimité. Elle alimente même une contestation croissante, notamment parmi ceux qui dénoncent un système verrouillé et peu ouvert à l’alternance.
Une longévité qui interroge la gouvernance
Après plus de douze années à la tête de la FEGAFOOT, la candidature de Pierre Alain Mounguengui pose une question de fond : celle de la durée du pouvoir dans les instances sportives.
Sur le plan strictement juridique, rien ne s’oppose à une nouvelle candidature. Mais sur le plan extratégique et éthique, le débat est bien réel. Faut-il privilégier l’expérience ou encourager le renouvellement ?
Cette interrogation dépasse le seul cadre gabonais. Elle s’inscrit dans une problématique plus large qui touche de nombreuses institutions africaines, où la stabilité est parfois perçue comme un frein à l’innovation et à la réforme.
Des challengers entre légalisme et contestation
Face au poids du sortant, les autres candidats tentent d’exister avec des stratégies différentes. Axel Nguema Edou, notamment, s’est positionné sur le terrain du respect des textes, malgré ses critiques à l’égard du processus électoral. Une posture qui vise à crédibiliser son engagement tout en dénonçant certaines pratiques internes.
De son côté, Darnaud Essia Ndong s’était déjà illustré en contestant l’éligibilité du président sortant avant de finalement déposer sa candidature. Une démarche qui traduit à la fois une opposition frontale et une volonté de jouer le jeu institutionnel.
Quant à Christian Gabin Nzogho Mintsa, premier à s’être déclaré, il incarne une alternative plus discrète mais ancrée dans l’expérience des structures du football régional et sous-régional.
Une élection révélatrice des défis du football gabonais
Au-delà des candidatures, ce scrutin du 18 avril apparaît comme un test grandeur nature pour le football gabonais. Entre exigences de transparence, besoin de modernisation et attentes des acteurs de terrain, les défis sont nombreux.
Le contexte continental, marqué récemment par les controverses autour de la gouvernance du football africain, renforce l’attention portée à ce type d’élection. Le Gabon n’échappe pas à cette dynamique.
Entre continuité et rupture, un choix décisif
À mesure que l’échéance approche, une ligne de fracture se dessine clairement : d’un côté, les partisans de la continuité, qui misent sur l’expérience et la stabilité ; de l’autre, les défenseurs d’un renouvellement profond des pratiques et des dirigeants.
Dans ce duel entre héritage et changement, une question demeure : le football gabonais est-il prêt à tourner la page, ou choisira-t-il de prolonger une ère déjà bien installée ?
La réponse, désormais, appartient aux électeurs. Mais une chose est certaine : quelle que soit l’issue, cette élection laissera une empreinte durable sur l’avenir du ballon rond au Gabon.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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