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Esclavage : le Ghana force l’ONU à trancher

Libreville, Mercredi 25 Mars 2026 (Infos Gabon) – À New York au Etats-Unis, une bataille mémorielle et politique s’annonce. Le Ghana a soumis aux Nations unies une résolution qui pourrait marquer un tournant dans la reconnaissance internationale de la traite transatlantique des esclaves.

Le texte, dont le vote est attendu ce 25 mars au siège de l’ONU, propose de qualifier officiellement ce système historique comme « le plus grave crime contre l’humanité ». Une formulation lourde de sens, qui dépasse le symbole pour ouvrir un débat global sur la responsabilité, la mémoire et, potentiellement, les réparations.

Portée par plusieurs États africains et caribéens, l’initiative s’inscrit dans une dynamique croissante de relecture critique de l’histoire coloniale et esclavagiste. Depuis plusieurs années, les revendications liées à la justice mémorielle prennent de l’ampleur, notamment dans les enceintes internationales où les anciennes puissances coloniales sont de plus en plus interpellées sur leur rôle dans la traite négrière.

Mais cette résolution ne se limite pas à une reconnaissance historique. Elle vise à établir un cadre politique et juridique susceptible de renforcer les demandes de justice réparatrice. En qualifiant la traite transatlantique à ce niveau de gravité, les promoteurs du texte cherchent à consolider l’argument selon lequel les conséquences de ce système (économiques, sociales et culturelles) continuent de peser sur les sociétés contemporaines, en particulier en Afrique et dans les Caraïbes.

La démarche du Ghana intervient dans un contexte international sensible. Les débats sur les réparations, longtemps marginalisés, gagnent en visibilité. Plusieurs pays et institutions commencent à reconnaître les héritages structurels de l’esclavage, tandis que des voix s’élèvent pour exiger des compensations financières, des investissements ciblés ou des politiques de réparation symbolique.

Pour autant, le chemin reste semé d’obstacles. Au sein de Organisation des Nations unies (ONU), les équilibres diplomatiques sont complexes. Certains États, notamment en Europe, pourraient se montrer réticents face à une formulation jugée juridiquement et politiquement engageante. Car derrière les mots se profile une question redoutée : celle des responsabilités historiques et de leurs implications actuelles.

Si la résolution venait à être adoptée, elle ne créerait pas automatiquement un mécanisme de réparation. Mais elle constituerait un précédent puissant, capable de redéfinir le cadre du débat international. Elle offrirait surtout aux États et aux organisations qui militent pour la justice historique un levier supplémentaire pour faire avancer leurs revendications.

Au fond, le Ghana ne pose pas seulement une question de mémoire. Il met la communauté internationale face à un choix, celui de reconnaître pleinement l’ampleur d’un crime fondateur de l’histoire moderne, ou continuer à en gérer les conséquences sans en assumer toutes les implications. Le vote de ce 25 mars dira si le monde est prêt à franchir ce cap.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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