Football gabonais : la rue s’invite dans la bataille de la Fegafoot
Libreville, Vendredi 3 Avril 2026 (Infos Gabon) – À deux semaines d’une élection décisive pour l’avenir du football national, la tension monte d’un cran à Libreville.
Ce vendredi 3 avril 2026, une grande marche annoncée par la Coalition pour le Salut du Football Gabonais (CSFG) entend faire basculer le débat du terrain institutionnel vers l’espace public, dans ce que ses organisateurs présentent comme un moment charnière pour « le salut du football gabonais ».
Prévue à partir de 13 heures, avec un départ effectif à 13h30 depuis l’immeuble dit « des 9 étages » en direction du ministère des Sports, cette mobilisation se veut massive et transversale. Acteurs du football, anciens internationaux, dirigeants de clubs, entraîneurs, supporters et simples citoyens sont appelés à converger dans une démonstration de force qui dépasse le cadre d’une simple contestation sportive. Derrière la marche, se joue en réalité une bataille de légitimité autour de la gouvernance de la Fédération gabonaise de football.
Dans un communiqué publié le 31 mars, la coalition dénonce des « violations du processus électoral » et un « passage en force » de l’équipe sortante, mettant en cause la transparence et l’équité du scrutin prévu le 18 avril prochain. Une échéance désormais sous haute tension, tant elle cristallise les frustrations accumulées au fil des années autour de la gestion du football gabonais.
Mais au-delà des accusations, la marche se veut aussi un signal politique. En réunissant des candidats recalés à la présidence de la fédération aux côtés d’acteurs de terrain, la CSFG cherche à incarner une alternative et à imposer le débat sur la place publique. Le message est clair : le football gabonais ne peut plus être l’affaire d’un cercle restreint, il doit redevenir un bien commun, porté par l’ensemble de ses acteurs.
Cette mobilisation intervient dans un contexte où le football national peine à retrouver son rayonnement. Résultats en dents de scie, gouvernance contestée, manque de structuration des clubs et des compétitions : autant de défis qui nourrissent un sentiment d’urgence. Pour de nombreux observateurs, l’élection du 18 avril apparaît comme une opportunité de rupture, à condition qu’elle soit crédible, inclusive et acceptée par tous.
La référence insistante à la « Vème République » dans le discours des organisateurs n’est pas anodine. Elle traduit une volonté d’aligner le secteur sportif sur les dynamiques de réforme engagées au niveau de l’État. En filigrane, une question centrale : le renouveau politique peut-il se traduire par un renouveau sportif ?
Reste que la rue, si elle peut alerter et mobiliser, ne saurait à elle seule résoudre les blocages structurels. Le véritable enjeu réside dans la capacité des institutions sportives à se réformer en profondeur, à restaurer la confiance et à remettre la performance au cœur du projet.
Les acteurs du football gabonais qui descendent dans la rue, prennent date. Ils rappellent que le sport, loin d’être un simple divertissement, est aussi un espace de gouvernance, d’identité et de projection nationale. À l’approche du scrutin du 18 avril, une chose est désormais certaine : l’avenir de la Fegafoot ne se jouera pas seulement dans les urnes, mais aussi dans la capacité à entendre et intégrer les voix qui s’élèvent aujourd’hui.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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