ONU : Macky Sall à l’assaut du sommet mondial
Libreville, Vendredi 24 avril 2026 (infos Gabon) – Face à un ordre international fragilisé, traversé par les crises et les fractures géopolitiques, Macky Sall a choisi de placer son ambition au cœur d’un enjeu global : redonner souffle et crédibilité à l’Organisation des Nations unies (ONU).
Candidat à la succession d’António Guterres, l’ancien chef d’État sénégalais a livré mercredi, devant l’Assemblée générale, une feuille de route structurée autour d’un mot-clé : confiance. Un positionnement stratégique à l’heure où l’institution multilatérale est plus contestée que jamais.
Restaurer la confiance, priorité absolue
Devant les représentants des États membres, Macky Sall n’a pas cherché à contourner les failles du système. Il les a frontalement reconnues. Dans un monde marqué par les tensions, les conflits et les inégalités persistantes, il a placé la reconstruction du lien entre nations au centre de son projet.
Sa promesse est claire : rétablir une ONU capable d’incarner une action collective crédible. Pour lui, la confiance ne se décrète pas, elle se construit par la cohérence, la justice et l’équité. Un triptyque qu’il entend appliquer aussi bien dans la gestion des crises que dans les rapports entre États.
Cette approche s’inscrit dans une vision plus large : faire de l’organisation un espace réellement inclusif, où chaque pays, quelle que soit sa puissance, peut peser dans les décisions globales.
L’expérience comme levier diplomatique
Fort de quatre décennies passées au cœur de l’appareil d’État, de fonctionnaire à président, Macky Sall mise sur son parcours pour crédibiliser sa candidature. Il revendique une connaissance fine des mécanismes du pouvoir, mais surtout une capacité éprouvée à dialoguer avec des interlocuteurs aux intérêts divergents.
Son ambition dépasse la simple gestion administrative du poste. Il se présente comme un “bâtisseur de ponts”, déterminé à rapprocher des blocs de plus en plus polarisés. Dans un contexte de rivalités entre grandes puissances et de fragmentation du multilatéralisme, cette posture pourrait constituer un atout à condition de convaincre au-delà du continent africain.
Réformer sans rompre : paix et droits humains en ligne de mire
Parmi les axes majeurs de son programme figure la question sensible des opérations de maintien de la paix. Souvent critiquées pour leur efficacité limitée, elles devront, selon lui, faire l’objet d’une refonte en profondeur, en concertation avec les États membres.
Autre pilier : la défense des droits humains. Macky Sall insiste sur leur caractère universel, dans un contexte où leur interprétation varie de plus en plus selon les équilibres politiques. Il appelle à replacer ces principes au centre de l’agenda international, sans ambiguïté.
Son message est sans détour : l’ONU doit redevenir un acteur décisionnel, capable d’assumer des choix forts dans un monde en mutation rapide.
Une candidature africaine sans consensus africain
Paradoxalement, la candidature de Macky Sall révèle aussi les limites de l’unité africaine. Portée initialement par le Burundi, elle n’a pas obtenu l’aval officiel de Union africaine. Une absence de soutien qui pourrait fragiliser son positionnement, alors même que l’Afrique cherche à peser davantage dans les instances internationales.
Dans la course, la concurrence est solide. Des profils expérimentés comme Rebeca Grynspan, Michelle Bachelet ou encore Rafael Grossi ont déjà défendu leurs visions. Autant de candidatures qui reflètent la diversité des attentes vis-à-vis de l’ONU.
Une bataille diplomatique à huis clos
Le processus entre désormais dans sa phase décisive. Le Conseil de sécurité examinera les candidatures en juillet, loin des projecteurs, avant de proposer un nom à l’Assemblée générale. L’élection finale devrait intervenir à l’automne, pour une prise de fonction début 2027.
Dans cette mécanique feutrée, les équilibres géopolitiques pèseront davantage que les discours publics. Alliances, vetos potentiels et jeux d’influence détermineront l’issue d’une compétition où chaque détail compte.
Une vision ambitieuse face à un système sous pression
La candidature de Macky Sall intervient à un moment charnière. L’ONU est confrontée à une remise en cause profonde de son rôle, entre inefficacité perçue et blocages politiques. Dans ce contexte, proposer une vision réformatrice est nécessaire mais insuffisant.
Le véritable défi sera d’imposer une capacité d’arbitrage dans un système dominé par les intérêts nationaux. Autrement dit, transformer l’intention politique en pouvoir réel d’action.
Entre espoir et réalisme
Avec une feuille de route centrée sur la confiance, le dialogue et la réforme, Macky Sall s’inscrit dans une logique de reconstruction du multilatéralisme. Mais derrière l’ambition, une question demeure : l’ONU est-elle encore réformable de l’intérieur ?
Sa candidature, au-delà de son issue, met en lumière une attente mondiale : celle d’une institution capable de répondre aux défis contemporains sans être paralysée par ses propres contradictions. Si Macky Sall parvient à incarner cette rupture, il pourrait transformer une candidature africaine en projet universel. Sinon, il ne fera que révéler, une fois de plus, les limites d’un système à bout de souffle.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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