Economie

Gabon : le ciment fait vaciller la croissance

Libreville, Vendredi 1er Mai 2026 (Infos Gabon) – Au moment où le Gabon cherche à consolider sa diversification économique, un signal d’alerte vient de l’industrie.

Au quatrième trimestre 2025, la chute de la production de ciment a entraîné un recul global de l’activité manufacturière, révélant les fragilités persistantes d’un secteur encore dépendant de cycles irréguliers de la demande.

Le ciment, maillon faible de la chaîne industrielle

Selon les données publiées par la Direction générale de l’Économie et de la Politique fiscale, le ciment apparaît comme le principal facteur de ralentissement. Sa production a enregistré une baisse de 8,2 % sur les trois derniers mois de l’année, contribuant directement à une contraction de 1,6 % de l’indice des industries de transformation.

Sur l’ensemble de l’année 2025, la tendance est encore plus marquée : la production chute de 12,8 %. En cause, un essoufflement de la demande lié au ralentissement des chantiers d’infrastructures, notamment les routes en béton, ainsi qu’à la fin de plusieurs projets structurants lancés les années précédentes.

Une contraction qui se propage

Le repli ne se limite pas au ciment. D’autres segments industriels enregistrent également des performances en berne. Les gaz industriels reculent de 5,8 %, affectés par une demande en baisse dans des secteurs clés comme les mines et les établissements de santé.

Même constat pour les peintures, dont la production plonge de 17,6 % au dernier trimestre, reflet d’un carnet de commandes en net ralentissement. Toutefois, sur l’ensemble de l’année, ce segment parvient à maintenir une croissance modérée, preuve d’une dynamique plus favorable en début d’exercice.

Des poches de résistance inattendues

Dans ce paysage contrasté, certains segments tirent leur épingle du jeu. La production de tôles affiche une progression de 6,5 % au quatrième trimestre, portée par une augmentation des commandes.

Sur l’année, la croissance atteint 7,6 %, confirmant la solidité relative de ce sous-secteur malgré une concurrence informelle persistante. Cette performance souligne qu’une partie de l’industrie reste capable de s’adapter et de capter des opportunités, même dans un environnement économique contraint.

Un révélateur des limites structurelles

Au-delà des chiffres, cette séquence met en lumière une réalité plus profonde : la dépendance de l’industrie gabonaise aux investissements publics et aux grands chantiers.

Lorsque ces derniers ralentissent, l’ensemble de la chaîne industrielle vacille. Le cas du ciment en est l’illustration la plus visible. Sans une demande soutenue et diversifiée, les capacités de production peinent à se stabiliser.

Cette situation interroge également la stratégie de transformation économique du pays, qui ambitionne de réduire sa dépendance aux hydrocarbures en développant une base industrielle solide.

Relancer la dynamique ou subir les cycles

Le recul enregistré au T4 2025 n’est pas seulement conjoncturel. Il pose la question de la résilience du modèle industriel gabonais face aux fluctuations de la demande.

Pour inverser la tendance, plusieurs leviers apparaissent essentiels : relance des investissements publics, stimulation de la demande privée, structuration des filières locales et lutte contre l’informel.

Un tournant pour l’industrie gabonaise

Le ralentissement du ciment agit comme un révélateur brutal : sans diversification réelle des débouchés et sans continuité dans les politiques d’investissement, la croissance industrielle reste fragile.

Pour le Gabon, l’enjeu dépasse désormais la simple reprise. Il s’agit de construire un modèle capable d’absorber les chocs et de maintenir une dynamique sur le long terme. Car dans une économie en transition, l’industrie ne peut plus se contenter de suivre les cycles, elle doit apprendre à les anticiper.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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