Gabon : la future Commission de la démocratie entre au cœur du débat parlementaire
Libreville, Dimanche 17 Mai 2026 (Infos Gabon) – Le Gabon accélère la refonte de son architecture démocratique. À l’Assemblée nationale, l’examen du projet de loi portant ratification de l’ordonnance créant la Commission Nationale de la Démocratie et de la Participation Citoyenne (CNDPC) marque une nouvelle étape dans la transformation institutionnelle engagée sous la Vème République.
Derrière ce texte, les autorités affichent une ambition claire. Celle de faire émerger une démocratie plus participative, plus proche des citoyens et moins centrée exclusivement sur les acteurs politiques traditionnels.
Les députés membres de la Commission des lois ont auditionné vendredi plusieurs personnalités clés afin d’évaluer les contours, les limites et les ambitions de cette future institution appelée à remplacer l’ancien Conseil national de la démocratie (CND). Parmi les intervenants figuraient le professeur Jérôme Kwenzi Mikala, représentant le président du CND empêché, ainsi que Geoffroy Foumboula Libeka Makosso, deuxième vice-président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC) et figure influente de la société civile gabonaise.
Au fil des auditions, un constat s’est imposé. Les difficultés structurelles qui ont longtemps fragilisé le fonctionnement du CND ne devront pas se reproduire au sein de la future CNDPC. Devant les députés, le Pr Jérôme Kwenzi Mikala a plaidé pour un renforcement substantiel des moyens financiers et techniques de la nouvelle institution.
Selon lui, l’absence de ressources suffisantes a fortement limité par le passé la capacité du CND à remplir efficacement ses missions de médiation, de dialogue politique et de régulation démocratique. Il a également insisté sur la nécessité de donner un caractère plus contraignant aux avis émis par la future commission afin qu’ils soient réellement pris en compte par les décideurs publics.
Mais c’est surtout la philosophie même de la réforme qui retient désormais l’attention. À travers la création de la CNDPC, le pouvoir gabonais cherche à élargir le champ de la participation démocratique au-delà des partis politiques. Geoffroy Foumboula Libeka Makosso a défendu devant les parlementaires une vision plus inclusive de la gouvernance, fondée sur l’implication directe de la société civile, des communautés locales, des associations, des coopératives et même des organisations religieuses dans la vie démocratique nationale.
Cette orientation s’inscrit dans la continuité du référendum constitutionnel et des réformes institutionnelles engagées depuis la transition politique. Pour les autorités, la future CNDPC devra devenir un véritable organe de proximité capable de promouvoir la culture démocratique au sein des populations et d’accompagner l’éducation citoyenne sur l’ensemble du territoire national.
Au-delà du débat juridique, l’enjeu est hautement politique. Le Gabon tente aujourd’hui de redéfinir les mécanismes de dialogue entre l’État et les citoyens dans un contexte de recomposition institutionnelle profonde. Reste désormais à savoir si cette future commission disposera réellement des moyens, de l’indépendance et de l’autorité nécessaires pour incarner cette nouvelle ambition démocratique affichée par les autorités.
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