Le Gabon accélère sa diplomatie économique
Libreville, Mercredi 3 Juin 2026 (Infos Gabon) – Logement, infrastructures, finance africaine et investissements privés. À Libreville, Brice Clotaire Oligui Nguema consolide une stratégie fondée sur l’alliance entre capitaux africains et partenaires internationaux pour transformer durablement l’économie gabonaise.
Dans une période où la plupart des États africains cherchent à concilier croissance économique, inclusion sociale et souveraineté nationale, le Gabon semble vouloir accélérer sur plusieurs fronts simultanément. Les audiences accordées mardi par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, au président-directeur général du Groupe Coris Bank, Idrissa Nassa, ainsi qu’au directeur général de la société chinoise COVEC, Zhu Junbo, illustrent une orientation devenue centrale dans la stratégie gouvernementale.
Au-delà du protocole présidentiel, ces rencontres révèlent une vision plus large. Celle d’un État qui entend mobiliser les capitaux africains, attirer les investisseurs étrangers et relancer les grands chantiers structurants afin de soutenir la transformation économique du pays.
La montée en puissance du capital africain
L’audience accordée à Idrissa Nassa revêt une portée particulière. Le dirigeant du Groupe Coris Bank n’était pas seul. Il était accompagné d’une importante délégation composée de plusieurs chefs d’entreprise burkinabè parmi lesquels Roland Sow, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Burkina Faso, Saïdou Tiendrébeogo, président des Promoteurs Immobiliers du Burkina Faso, et Achille Ouédraogo, président des Jeunes Entrepreneurs du Burkina Faso.
Cette présence traduit une évolution significative du paysage économique africain. Longtemps dépendants des capitaux européens, américains ou asiatiques, plusieurs pays du continent assistent désormais à l’émergence de groupes financiers africains capables d’investir au-delà de leurs frontières nationales. Le Gabon entend clairement s’inscrire dans cette dynamique.
Les discussions ont porté sur le vaste programme de logements porté par les autorités gabonaises. Derrière cet objectif social se cache également un puissant levier économique. Le logement mobilise simultanément le secteur bancaire, les entreprises de construction, les producteurs de matériaux, les services publics et l’emploi local.
En encourageant Coris Bank à participer à cet effort, le président gabonais cherche à construire un modèle où les solutions africaines financent les ambitions africaines.
Le logement comme moteur de développement
L’accès au logement figure parmi les priorités affichées du projet de société présidentiel. Mais l’enjeu dépasse largement la simple construction de bâtiments. Dans toutes les économies émergentes, le logement constitue un facteur de stabilité sociale, de création de patrimoine et de développement urbain.
En favorisant l’accession à la propriété, l’État stimule également l’épargne, renforce la classe moyenne et soutient l’activité économique. Cette logique explique l’importance accordée aux partenaires financiers dans la réussite du programme.
L’annonce de la future construction du siège social de Coris Bank sur le Boulevard de la Transition confirme par ailleurs la volonté du groupe bancaire de s’inscrire durablement dans l’économie gabonaise.
Les infrastructures retrouvent leur place centrale
La seconde audience présidentielle concernait l’un des défis historiques du développement gabonais. Les infrastructures. Face au président de la République, Zhu Junbo, directeur général de COVEC, a confirmé la reprise imminente des travaux routiers sur plusieurs axes stratégiques.
Les tronçons Ndendé-Tchibanga et Tchibanga-Mayumba dans la Nyanga ainsi que l’axe Sibang-Bambouchine dans l’Estuaire figurent parmi les projets les plus attendus par les populations. Leur importance dépasse la simple mobilité.

Une route réduit les coûts logistiques, facilite les échanges commerciaux, améliore l’accès aux services publics, attire les investisseurs et rapproche les territoires. Dans de nombreux pays, les infrastructures constituent le socle invisible de la croissance. Si leur absence ralentit l’activité économique, leur présence la stimule.
La relance de ces chantiers envoie donc un signal fort aux opérateurs économiques nationaux et internationaux.
Une stratégie de souveraineté économique
À travers ces deux séquences, une même logique apparaît. Le Gabon cherche à diversifier ses partenariats sans renoncer à ses ambitions de souveraineté. Les capitaux africains sont sollicités. Les entreprises internationales demeurent mobilisées. Les secteurs ciblés sont directement liés à la vie quotidienne des populations.
Logement, routes, agriculture, élevage, inclusion financière. Autant de domaines qui conditionnent la capacité du pays à réduire sa dépendance aux revenus pétroliers et à construire une économie plus résiliente.
La réussite de cette stratégie dépendra désormais de l’exécution concrète des engagements annoncés. Les populations attendent des logements livrés, des routes achevées, des services bancaires accessibles et des opportunités économiques réelles.
Mais une chose apparaît déjà clairement. En recevant simultanément des investisseurs africains et des partenaires internationaux autour de projets structurants, Brice Clotaire Oligui Nguema cherche à installer le Gabon au cœur d’une nouvelle géographie économique du continent.
Une géographie où le développement ne repose plus uniquement sur l’aide extérieure, mais sur la capacité des acteurs africains eux-mêmes à investir dans leur propre avenir.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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