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Lékédi, le laboratoire vert du Gabon

Libreville, Jeudi 4 Juin 2026 (Infos Gabon) – À Bakoumba, la biodiversité s’impose comme un enjeu économique et stratégique national.

Dans un monde confronté à l’accélération du changement climatique, à l’effondrement de certains écosystèmes et à la raréfaction des ressources naturelles, la question de la biodiversité n’est plus un sujet réservé aux spécialistes de l’environnement. Elle est devenue un enjeu économique, géopolitique et social majeur. C’est précisément cette réalité que la cinquième édition de la Journée Lékédi Biodiversité a rappelée avec force à Bakoumba, dans la province du Haut-Ogooué.

Réunissant responsables publics, experts, chercheurs, acteurs économiques, représentants des communautés locales et jeunes apprenants, cette rencontre a confirmé l’ambition du Gabon de faire de son patrimoine naturel un levier de développement durable plutôt qu’une simple richesse à préserver.

Placée sous le thème « Biodiversité, territoires et développement, quelles perspectives pour le Gabon ? », l’édition 2026 s’inscrit dans la continuité d’une initiative lancée en 2021 par le groupe Eramet-Comilog. Mais au-delà de la symbolique, elle intervient à un moment où le pays cherche à redéfinir les fondements de sa croissance économique.

La biodiversité, nouvel actif stratégique du Gabon

Le Gabon possède l’un des patrimoines écologiques les plus remarquables de la planète. Plus de 88 % du territoire est recouvert de forêts tropicales. Le pays abrite une faune exceptionnelle, des écosystèmes marins préservés et une diversité biologique reconnue à l’échelle mondiale.

Longtemps considérée essentiellement sous l’angle de la conservation, cette richesse est aujourd’hui analysée comme un véritable capital économique.

C’est dans cette perspective que les échanges organisés à Lékédi ont pris tout leur sens. La présence du gouverneur du Haut-Ogooué, Jacques Denis Tsanga, du directeur général de la Comilog, Léod Paul Batolo, ainsi que des autorités administratives et locales du département de la Lékoko traduit l’importance accordée à cette réflexion.

Pour Virginie de Chassey, directrice du développement durable et présidente du conseil d’administration de la Fondation Lékédi Biodiversité, les opportunités restent considérables.

« La Lékédi a encore beaucoup à apporter à la recherche scientifique et au développement économique du territoire », a-t-elle souligné.

Cette affirmation renvoie à une réalité souvent sous-estimée. Les réserves naturelles ne sont plus seulement perçues comme des sanctuaires écologiques. Elles deviennent progressivement des espaces d’innovation scientifique, d’écotourisme, de valorisation des services environnementaux et de création d’activités génératrices de revenus.

Quand les communautés deviennent les gardiennes du développement durable

L’un des enseignements majeurs de cette édition réside dans la place accordée aux populations locales. Pendant longtemps, les débats sur la conservation ont parfois opposé protection de la nature et besoins des communautés riveraines. À Bakoumba, le message a été tout autre.

Aubin Janvier Mabécka, président du Conseil départemental de la Lékoko, a rappelé que la forêt, les rivières, la faune et la flore représentent à la fois un héritage collectif et une source de subsistance.

« Notre forêt, nos rivières, notre faune et notre flore ne sont pas seulement un patrimoine à protéger. Ce sont aussi des ressources qui nourrissent nos familles et peuvent générer des activités économiques durables », a-t-il déclaré.

Cette approche traduit une évolution profonde des politiques environnementales contemporaines. La conservation ne peut réussir durablement sans l’adhésion des populations qui vivent au contact direct des écosystèmes. Le défi consiste désormais à construire des modèles capables de concilier préservation des ressources, développement local et création d’emplois.

Former la génération qui héritera du Gabon vert

L’autre innovation majeure portée par le parc de la Lékédi concerne la sensibilisation des jeunes. Depuis deux ans, le programme Gabon Green Generation by Lékédi, développé avec l’appui du WWF Gabon, accueille des élèves des lycées de Bakoumba et de Moanda.

Plus de 2 000 jeunes ont déjà été formés aux enjeux du développement durable, de la protection de la biodiversité et de la gestion responsable des ressources naturelles.

Cette dimension éducative apparaît aujourd’hui essentielle. Car la préservation du patrimoine naturel gabonais ne dépendra pas uniquement des politiques publiques ou des investissements privés. Elle dépendra également de la capacité des nouvelles générations à comprendre la valeur stratégique de leur environnement.

À travers cette cinquième édition, la Journée Lékédi Biodiversité dépasse ainsi le cadre d’un simple rendez-vous écologique. Elle s’impose comme un espace de réflexion sur le futur modèle de développement du Gabon.

Dans un contexte mondial où les ressources naturelles deviennent des actifs stratégiques de premier ordre, le pays dispose d’un avantage comparatif rare. La véritable question n’est plus de savoir s’il faut protéger la biodiversité gabonaise. Elle consiste désormais à déterminer comment transformer cette richesse exceptionnelle en moteur durable de prospérité nationale sans compromettre l’héritage écologique dont dépend son avenir.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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